Jeu de cartes aux enseignes latines
Venise, 1753.
BnF, Département des Estampes et de la photographie, Réserve Kh-167 (173-188)
© Bibliothèque nationale de France
« Sa maîtresse me bouda pendant tout le dîner ; mais elle s'adoucit, quand je me suis laissé engager par elle à faire la banque ; mais voyant qu'elle jouait gros jeu, je ne l'ai pas laissé faire ; après s'être vue corrigée deux ou trois fois, elle alla se retirer dans sa chambre ; mais son ami gagnait, et je perdais lorsque le silencieux duc de Rosburi arriva de Genève avec Schmit, son gouverneur, et deux autres Anglais. Il vint à la banque ne disant pas autre chose que oudioudouser, et il joua, excitant ses deux amis à faire la même chose. Après la taille, voyant ma banque à l'agonie, j'ai envoyé Le-duc à ma chambre pour qu'il m'apporte ma casette, d'où j'ai tiré cinq rouleaux de cent louis. Le marquis de Prié me dit froidement qu'il était de moitié avec moi, et je l'ai avec la même froideur prié de me dispenser d'accepter son offre. Il poursuivit à ponter sans s'être offensé de mon refus, et quand j'ai mis bas les cartes pour finir il se trouva en gain de presque deux cents louis ; mais la plupart des autres ayant perdu, et principalement un des deux Anglais, je me suis trouvé avec plus de mille louis. » (Histoire de ma vie, II, p. 454.)
 
 

> partager
 
 
 

 
> copier l'aperçu