Suzon et Saturnin
Histoire de Don B***, portier des chartreux, écrite par lui-même.... Planche face page 98
Jean-Charles Gervaise de Latouche (1715-1782), Paris, 1741.
BnF, Réserve des livres rares, Enfer 326
© Bibliothèque nationale de France
« … elle me conduisit dans la chambre où il y avait la grande armoire que j’avais déjà jugée dépositaire du grand secret. Elle l’ouvrit, et après avoir baissé une planche qui en couvrait le dos, j’ai vu une porte par laquelle nous entrâmes dans un cabinet où j’ai vu ce qui pouvait être nécessaire à quelqu’un qui aurait eu besoin d’y passer plusieurs heures. […] tout ce qu’il fallait enfin à un curieux voluptueux, dont un principal plaisir devait être celui d’y demeurer spectateur inconnu des jouissances des autres. » (Histoire de ma vie, I, p. 785.)
 
De Gervaise de Latouche on ne sait rien. On dit seulement qu'il est "un monstre dans la société et un empoisonneur public". Ce classique de la littérature érotique est plus connu que son auteur ou supposé tel. Dom Bougre, en mettant en pratique les thèses de la philosophie matérialiste et sensualiste, s'affranchit de la superstition grâce au sexe. Outrage insupportable pour l'église, ce livre, dès sa parution, ne cessa d'être poursuivi. L'édition de janvier 1741, considérée comme la première, tirée entre 1400 et 1500 exemplaires, comprend dix-huit gravures anonymes commentant les épisodes du récit, comme cette scène de voyeurisme : Suzon, fascinée par ce qu'elle découvre, ne peut détacher les yeux de ce qu'elle voit tandis que Saturnin observe ce que d'ordinaire celle-ci cache.
 
 

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