Marseille : Vue de l'Hôtel-de-Ville, du côté du Vieux-Port
vers 1750.
Estampe, 30 x 42 cm
BnF, Département des Estampes et de la photographie, LI-72 (4)-FOL
© Bibliothèque nationale de France
« Je suis parti le lendemain, et je suis allé à Marseille sans me soucier de m'arrêter à Aix où réside le Parlement. [...] Allant au hasard, je me suis trouvé sur un quai fort large et très long, où j'ai cru d'être à Venise. Je vois des boutiques, où l'on vendait en détail des vins du Levant et d'Espagne, et où plusieurs qui les préféraient au café ou au chocolat, déjeunaient. Je vois l'empressement ce ceux qui allaient et venaient, qui se heurtaient et qui ne perdaient pas leur temps à demander pardon. Je vois des marchands fermes et ambulants qui offraient au public toute sorte de marchandises, et des jolies filles bien et mal vêtues à côté de femmes à mine effrontée qui paraissaient dire à ceux qui les regardaient : "Vous n'avez qu'à me suivre." J'en vois aussi de bien parées à l'air modeste qui allaient leur chemin, et qui pour exciter une plus grande curiosité ne regardaient personne.
Il me semble de voir partout la liberté de mon pays natal dans ce mélange que j'observe de toutes les nations, et dans la différence du costume. C'étaient pêle-mêle des Grecs, des Turcs, des Africains, des corsaires qui au moins en avaient la mine, des Juifs, des moines, et des charlatans, et de temps en temps je vois des Anglais, qui ne disaient rien, ou qui parlaient entre eux sans trop regarder personne. » (Histoire de ma vie, II, p. 512-513.)
 
 

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