Figure alchimique
XVIIIe siècle.
Manuscrit à peintures, 65 folios, 16,9 x 10,8 cm
BnF, Arsenal, MS 973, fol. 12
© Bibliothèque nationale de France
« Mme d'Urfé, belle quoique vieille, me reçut très noblement avec toute l'aisance de l'ancienne cour du temps de la Régence. [...] Mme d'Urfé ne se montait que curieuse, mais je voyais avec évidence qu'il lui tardait d'étaler ses connaissances. [...] Après le dîner, La Tour d'Auvergne nous quitta [...], et pour lors Madame commença à me parler chimie, alchimie, magie et tout ce qui faisait la matière de sa folie. Lorsque nous vînmes sur le propos du grand-œuvre, et que j'eus la bonhomie de lui demander si elle connaissait la matière première, elle ne donna pas dans un éclat de rire, parce qu'elle aurait manqué de politesse, mais avec un gracieux sourire elle me dit qu'elle possédait déjà ce qu'on appelle la pierre philosophale, et qu'elle était rompue dans toutes les grandes opérations. [...] Son auteur favori était Paracelse qui, selon elle, n'avait été ni homme ni femme, et qui avait eu le malheur de s'empoisonner avec une trop forte dose de médecine universelle. Elle me montra un petit manuscrit où il y avait le grand procédé expliqué en français en termes très clairs. » (Histoire de ma vie, II, p. 86-87.)

 Suite des aventures avec Mme d'Urfé
 
 

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