Le caducée de Mercure
Nicolas Flamel (1330 ?-1418), Le Livre d'Abraham le Juif
XVIIe siècle.
Manuscrit à peintures, 11 folios, 36,5 x 22,5 cm
BnF, Arsenal, MS 3047, fol. 5
© Bibliothèque nationale de France
« – Connaissez-vous la théorie des heures planétaires ?
– Je crois que oui, mais elle n'est pas nécessaire pour cette opération.
– Je vous demande pardon. J'ai peint sur la cuisse de M. de La Tour d'Auvergne le pentacle de Salomon à l'heure de Vénus, et si je l'avais commencé par Anael qui est le génie de la planète, mon opération eut été vaine.
– C'est ce que j'ignorais. Et après Anael ?
– Il faut aller à Mercure, de Mercure à la Lune, de la Lune à Jupiter, de Jupiter au Soleil. Vous voyez, c'est le cycle magique dans le système de Zoroastre, où je saute Saturne et Mars que la science exclut de cette opération.
– Et si vous aviez opéré dans l'heure de la Lune par exemple ?
– Je serais alors allé à Jupiter, puis au Soleil, puis à Anael, c'est-à-dire à Vénus, et j'aurais fini par Mercure.
– Je vois, Monsieur, que vous possédez la pratique des heures avec une facilité surprenante.
– Sans cela, Madame, on ne peut rien faire en magie, car on n'a pas le temps de calculer ; mais cela n'est pas difficile. Une étude d'un mois en donne l'habitude à tout candidat. Ce qui est plus difficile est le culte, car il est compliqué ; mais on y parvient. Je ne sors jamais le matin de chez moi sans savoir de combien de minutes est composée l'heure dans le jour courant, et j'ai soin que ma montre soit réglée à la perfection, car une minute décide.
– Auriez-vous la complaisance de me communiquer cette théorie ? » (Histoire de ma vie, II, p. 91.)

 Suite des aventures avec Mme d'Urfé
 
 

> partager
 
 
 

 
> copier l'aperçu
 
 
> commander