Figura II. Subiectum chimicum
Sapientia veterum philosophorum, sive doctrina eorumdem de summa et universali medicina 40 hierogliphis explicata
XVIIIe siècle.
Manuscrit à peintures, 58 folios, 16,9 x 10,6 cm
BnF, Arsenal, MSS 974, folio 4
© Bibliothèque nationale de France
« J'ai trouvé Mme d'Urfé dans son lit toute élégante, coiffée en jeune femme avec un air de satisfaction que je ne lui avais jamais vu. Elle me dit qu'elle savait de me devoir tout son bonheur ; et elle commença en conséquence de sa folie à me raisonner très sensément.
– Épousez-moi, me disait-elle, et vous resterez tuteur de mon enfant, qui sera votre fils, et par conséquent vous me conserverez tout mon bien, et vous deviendrez le maître de ce que je dois hériter de M. de Poincarré, mon frère, qui est vieux et qui ne peut pas vivre longtemps. Si vous n'avez pas soin de moi dans le mois de février prochain que je dois renaître en homme, qui aura besoin de moi ? Dieu sait dans quelles mains je tombe. On me déclarera bâtard, et on me fera perdre quatre-vingt mille livres de rente que vous pouvez me conserver. [...]
Je lui ai répondu que l'oracle serait notre seul guide et que je ne souffrirai jamais que, devenant homme et étant mon fils, elle puisse être déclarée batard ; et elle se tranquilisa. Elle raisonnait très juste ; mais le fond de l'argument étant une absurdité, elle ne pouvait que me faire pitié. Si quelque lecteur trouve qu'en agissant en honnête homme je devais la désabuser, je le plains ; c'était impossible ; et quand-même je l'aurais pu, je ne l'aurais pas fait, car je l'aurais rendue malheureuse. Telle qu'elle était faite, elle ne pouvait se repaître que de chimères. » (Histoire de ma vie, III, p. 53.)

 Suite des aventures avec Mme d'Urfé
 
 

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