Bouddhisme et calligraphie

Pour le bouddhiste, l’acte calligraphique est un acte de foi qui offre une chance de racheter ses fautes. Multiplier les copies et les images saintes permet de propager la bonne parole et le message salvateur partout dans le monde.

Une image sainte, un caractère sacré
Comme dans le très populaire Sûtra de Guanyin où la délivrance survient grâce au nom proféré du bodhisattva, une seule image sainte, voire un unique caractère sacré ouvre déjà toutes grandes les portes du salut. L’écriture peut en l’occurrence ne pas avoir de destinataire et n’avoir de valeur que par son existence même. Elle devient un trésor à engranger dans le temple, au même titre qu’une belle broderie ou un objet pieux précieusement ciselé. Le Sûtra du lotus qui a tant marqué le bouddhisme chinois ne cesse d’inciter les fidèles à vénérer les écrits sacrés, au point que chaque caractère d’un sûtra n’est plus simplement un signe d’écriture mais un bouddha lui-même.

      
 

La multiplication des images
De la multiplication de ces images scripturaires dépend le bonheur tout à la fois individuel et universel. C’est ainsi qu’on explique pourquoi les bouddhistes furent les premiers à utiliser l’imprimerie, qui permet de multiplier l’image fidèle et d’accumuler ainsi les mérites. Qu’il s’agisse d’images ou de textes, la conformité aux règles canoniques est primordiale, le bouddhisme tolère peu les innovations et cependant les nombreuses productions graphiques montrent comment les individus ont su en peu de traits exprimer chacun leur foi de manière personnelle. Une copie soignée transmet le texte exact et marque la piété : toutes les copies du si vénéré Sûtra du lotus retrouvées à Dunhuang sont d’une belle exécution.

N.M.