Le
raffinement de la Chine du Sud
À partir de la seconde moitié du XVIe
siècle, Huizhou (ou Xin’an) devient un centre
de production éditoriale à la réputation
d’excellence. Cette région de la province méridionale
de l’Anhui, depuis longtemps spécialisée
dans la production de papier, de pinceaux, d’encre et
de pierres à encre, compte également des graveurs
sur bois de premier ordre. La clientèle est constituée
d’une classe marchande locale disposant de confortables
ressources financières, exigeante quant à la
qualité, qui a besoin de maintenir un niveau d’éducation
élevé pour se développer mais recherche
aussi dans le livre un objet de divertissement. Ces facteurs
permettent d’entretenir un marché prospère
et expliquent la réalisation de splendides ouvrages.
Pour évoquer la sophistication et le raffinement
de la Chine du Sud, son art de vivre et ses avancées
dans le domaine éditorial, quelques ouvrages peuvent
être cités : un atlas régional montre
comment la cartographie traditionnelle, loin d’être
la sèche consignation d’éléments
géographiques, empiète sur le domaine pictural.
Des albums de lettrés décrivent des panoramas
remarquables qui manifestent la prédilection chinoise
pour les paysages, ceux-ci suscitant ou accompagnant naturellement
la poésie et la calligraphie. Un recueil imprimé,
unique en son genre, se veut le guide d’un site spécifique,
une montagne située dans la périphérie
de la cité de Hangzhou. Cette ville en bordure du lac
de l’Ouest est encore célébrée
par un remarquable album tissé. L’évocation
du Sud, notamment du raffinement de ses techniques d’imprimerie,
est manifeste dans les planches des estampes de la série
dite "de Kaempfer" produites à Suzhou dont
la grâce et la qualité d’impression sont
remarquables.
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