L'empire en images


Parmi les divers procédés qu'elle a inventés pour produire en nombre images et textes, la Chine a toujours privilégié ceux qui répondaient au génie de son écriture, et qui permettaient de transcrire fidèlement le geste du calligraphe ou du copiste.
L'estampage, à partir d'une mince feuille de papier humide restitue l'empreinte authentique d'une calligraphie éventuellement illustre ; la xylographie surtout, transfère sur une planche de bois un texte préalablement manuscrit, issu de la main régulière du copiste ou de la main inspirée du calligraphe. Le couteau du graveur dégage en relief chaque trait! Nul besoin de presse, une brosse suffit pour appliquer la feuille de papier sur la planche bien encrée, et pour faire apparaître en un instant deux pages imprimées. Nécessaire au calligraphe, au peintre et à l'estampeur, la célèbre encre de Chine contribue au développement de l'édition xylographique : une invention majeure qui permettra à la Chine d'imprimer au sens plein du terme cinq siècles avant Gutenberg et de publier une immense littérature.


  
Sous les Ming se développe l'édition privée et s'épanouit la culture des lettrés de la Chine du Sud. Au cours de la dynastie des Qing, la prééminence des éditeurs privés s'efface au profit de la production d'État. Les empereurs Ming, soucieux de conforter leur légitimité, excelleront dans l'art d'utiliser l'édition au service de leurs ambitions politiques. A côté des productions des presses impériales les albums précieux des XVIIe et XVIIIe siècles prennent des formes diversifiées : somptueux ouvrages manuscrits peints à la main, livres de pierre, rouleaux peints…Imprimés et manuscrits accordent une place privilégiée à la peinture de paysage.