L'inscription de la source chaude
  
Auteur et calligraphe : Tang Taizong (r. 627-649)
Dynastie des Tang, septembre 653
Estampage incomplet du début, contrecollé sur un support de papier en rouleau ; 49 colonnes de 7 à 8 caractères par colonne
27 x 143 cm
BNF, Manuscrits orientaux, Pelliot chinois 4508

Le 15 février 648, Tang Taizong, alors âgé de 49 ans, se rendit à la source chaude d'un parc impérial situé non loin de la capitale Chang'an et il composa à cette occasion L'Inscription de la source chaude, qu'il calligraphia lui-même de son pinceau puis la fit graver sur une stèle aujourd'hui disparue à proximité d'un puits. L'empereur souffrant de paralysie y exalte les bienfaits que lui procuraient ces eaux, qui seules avaient le pouvoir de calmer ses douleurs et dont il sortait apaisé et rajeuni.
Il devait cependant mourir l'année suivante et c'est peut-être avec l'intuition de sa fin prochaine qu'il en écrivit les derniers vers : "le monde humain a une fin, l'eau vertueuse coule, inépuisable". La dernière colonne du rouleau porte la note du mois de septembre 653 et cette date permet d'affirmer que ce rouleau est le plus ancien spécimen d'estampage connu à ce jour. Celui-ci a été retrouvé avec d'autres spécimens calligraphiques dans la grotte n 17 de Dunhuang où il dut servir de modèle : en effet, le texte de la stèle, une fois estampé, a été découpé en languettes et remonté en courtes colonnes sur un rouleau de papier dont le format facilitait la consultation.
Le procédé de l'estampage fut aussi largement répandu pour diffuser les dessins de peintres : en effet, le blanc, le gris et le noir convenaient mieux au lettré que l'usage tapageur de la couleur. Il permettait ainsi de ne retenir du dessin gravé en creux que l'essentiel, à savoir l'épure du trait.
Malgré la passion de l'empereur pour Wang Xizhi, sa calligraphie révèle plus d'affinités avec le style, non du prince des calligraphes, mais de son fils Wang Xianzhi, lui aussi très talentueux.