Essai en mille caractères en graphies régulière et cursive de Zhi Yong
  
Auteur : Zhou Xingsi
Copiste : Jiang Shanjin, d'après Zhi Yong
Dynastie des Tang, 641
Rouleau manuscrit incomplet de 3 feuilles de papier ocre ; 10 caractères par colonne
25, 3 x 101, 5 cm
BNF, Manuscrits orientaux, Pelliot chinois 3561

Véritable manuel scolaire pour l'apprentissage du vocabulaire, de la calligraphie, des notions culturelles fondamentales, l'Essai en mille caractères a constitué la base de l'éducation primaire pour d'innombrables générations. Il regroupe mille mots tous différents par phrases de quatre caractères formant un texte rimé.
On dit que l'empereur Liang Wudi (qui régna de 502 à 549) avait constitué à partir de plusieurs œuvres de Wang Xizhi un répertoire de mille caractères. À sa demande, cet ensemble purement graphique aurait été combiné par Zhou Xingsi pour constituer un texte intelligible évoquant tous les domaines de l'éducation.
Paul Pelliot rapporte en 1926 un texte chinois du XIe siècle évoquant la création des mille mots, selon lequel l'empereur Liang Wudi aurait ordonné à Yin Tieshi de "calquer dans les autographes du grand Wang mille caractères différents, chaque caractère étant sur un morceau de papier, tous mêlés et sans ordre". Puis il aurait appelé le calligraphe Zhou Xingsi, descendant de l'illustre Wang Xizhi, et lui aurait dit :
"Mettez-moi ces caractères en vers. Xingsi les rangea en ordre en un soir et les soumit au trône. Les cheveux de ses tempes étaient devenus tout blancs [...]. Le descendant de Wang Xizhi copia de sa main 800 exemplaires du texte et les répandit dans le monde. Il laissa un exemplaire dans chaque temple du sud du fleuve [Bleu]."
Le rouleau ici présenté est incomplet, il ne conserve que les 170 derniers caractères du texte constitué de courtes phrases édifiantes comme : "un fils légitime succède à ses parents et continue leur lignée. Il offre des sacrifices à ses ancêtres ; il en offre d'autres en automne et en hiver [...]." Les colonnes de caractères en style régulier (dit zhenshu, équivalant au kaishu) alternent avec des colonnes répétant les mêmes caractères en style cursif aux traits abrégés et resserrés, mêlant points courts et longs tracés sinueux compactant plusieurs éléments. L'habitude d'écrire un même texte en plusieurs styles calligraphiques dans un but pédagogique est une vieille tradition chinoise, attestée dès le IIIe siècle.