Sûtra du diamant
  
Traducteur : Kumarajiva (344-413)
Calligraphe : Liu Gongquan (778-865)
Graveurs : Qiang Yan et Zhao Jianhe
Dynastie des Tang, 824
Rouleau complet ; estampage contrecollé sur un support de papier composé de 12 feuillets estampés collés sur 38 feuillets de renfort de papier ;
28,5 x 1 166,6 cm
BNF, Manuscrits orientaux, Pelliot chinois 4503

Ce rouleau complet de plus de 11 mètres contient 468 colonnes du texte du Sûtra du diamant traduit par Kumarajiva qui connut un engouement aux IXe et Xe siècles. Calligraphié par l'un des artistes les plus réputés de son temps, Liu Gongquan (778-865), il fut gravé le 8 mai 824 au monastère Ximing de la capitale Chang'an. Il s'agit d'un splendide estampage, exemplaire unique, probablement monté en rouleau au cours du IXe siècle. Le montage des 12 feuilles estampées sur papier fin se conforme au format original des dalles, avec leur numérotation et leur filet d'encadrement. La mise en page rigoureuse respecte un nombre de caractères constant par colonne. Cette pièce démontre sans ambiguïté que, dans le premier quart du IXe siècle, les pierres servaient de matrices d'impression aux modèles calligraphiques.
Cette œuvre rapporte sans doute la calligraphie originale de Liu Gongquan avec la plus grande exactitude. Liu Gongquan fut non seulement l'un des plus éminents calligraphes de la dynastie des Tang mais son prestige est demeuré intact jusqu'à nos jours. Son style fut adopté durablement comme standard calligraphique du livre imprimé.
L'œuvre, calligraphiée en pleine maturité - Liu était alors âgé de quarante-sept ans -, présente des caractères d'une structure assez compacte, très réguliers et délicats, empreints de simplicité, d'honnêteté mais aussi d'une fermeté qui révèle une énergie intérieure. Ses traits horizontaux ou verticaux, parfois très allongés, communiquent un sentiment de droiture. Certains caractères conservent une caractéristique notée chez Wang Xizhi, qui consiste à resserrer la partie gauche du caractère et à accorder plus d'espace à la partie droite. Dans l'ensemble, son écriture se caractérise par un grand équilibre qui ne verse dans aucune exagération.
Monté en rouleau, cet estampage était destiné à servir de modèle, plus particulièrement auprès des bouddhistes. On est en droit de penser qu'en raison de la notoriété de Liu, il s'agissait d'une pièce assez coûteuse et qu'elle put, à ce titre, figurer dans le trésor d'un particulier ou d'un temple.