Le Livre de la voie et de la vertu de Laozi, et Les Dix Défenses à observer
  
Dynastie des Tang, 709
Manuscrit incomplet, de 9 feuilles de beau papier à fines vergeures teinté à l'orpiment ; 17 à 18 caractères par colonne ; serment : 21 à 26 caractères par colonne
28 x 323, 5 cm
BNF, Manuscrits orientaux, Pelliot chinois 2347

Le Classique de la voie et de la vertu, ou Daodejing, est attribué à Laozi, un sage qui aurait vécu au pays de Chu au VIe siècle avant notre ère. Témoin du déclin de la dynastie des Zhou, il aurait décidé de quitter la Chine et, au moment de franchir la limite occidentale du pays avant de disparaître définitivement, aurait révélé au garde frontière Yin Xi un texte qui devint fondamental pour le taoïsme. Les avis divergent grandement quant à l'époque, située entre le VIe et le IIe siècle avant notre ère, où l'œuvre aurait reçu sa forme aboutie. Constituée de rimes qui en facilitaient la mémorisation, elle circula sans doute oralement pendant longtemps avant d'être fixée par écrit. Quant à la figure de Laozi, divinisée au IIe siècle de notre ère puis anoblie sous les Tang, elle a bénéficié du double soutien impérial et populaire.
En tant que religion institutionnalisée, le taoïsme était ouvert aux adeptes des deux sexes, les femmes pouvant y occuper une place beaucoup plus importante que dans les autres courants doctrinaires et ayant droit de porter des titres officiels au sein de la hiérarchie. Comme l'atteste ce rouleau, les textes sacrés et les préceptes d'observation des règles étaient aussi transmis aux femmes, cet acte s'effectuant au cours d'une cérémonie initiatique codifiée selon des règles établies vers le VIIe siècle. La passation de l'ouvrage majeur du taoïsme, le Livre de la voie et de la vertu, se faisait uniquement à cette occasion aux adeptes qui prononçaient des vœux semblables aux préceptes monastiques bouddhiques.
Ces deux textes sont chacun suivis d'un acte contractuel, l'un, un serment d'observance du Daodejing, l'autre, la reconnaissance de la réception des défenses. L'état civil de la récipiendaire a été préservé. Il s'agit d'une jeune "femme fonctionnaire" âgée de dix-sept ans. Cette information jette une lumière sur l'existence de milliers d'adeptes qui exécutèrent les mêmes rites initiatiques.