Sûtra du lotus de la bonne Loi
  
Traducteur : Kumarajiva (344-413)
Dynastie des Tang, ère Shangyuan, 15e jour du 10e mois de la deuxième année de l'ère Shangyuan, soit 675
Chang'an
Rouleau manuscrit, incomplet, sur papier ocre ; 17 caractères par colonne
25,8 x 431,9 cm
BNF, Manuscrits orientaux, Pelliot chinois 2195

Ce Sûtra du lotus, daté de 675, est l'une des copies impériales parmi la cinquantaine de cette époque retrouvées à Dunhuang.Le colophon de ce très beau manuscrit, écrit à l'aide d'un pinceau fin et précis, nous permet de comprendre le cheminement hiérarchique par lequel passait tout document copié dans les ateliers officiels : "Écrit le quinzième jour du dixième mois de la deuxième année de l'ère Shangyuan [7 novembre 675] par Yuan Yuanzhe, copiste de la Chancellerie impériale, ayant utilisé 20 feuilles de papier. Le monteur teinturier est Jie Shanji. Première correction par Yiwei du monastère Huiri. Deuxième correction par Yiwei du monastère Huiri. Troisième correction par Yiwei du monastère Huiri. Relecture attentive par le bhadanta [directeur des moines] Shenfu. Relecture attentive par le bhadanta [directeur des moines] Jiashang du monastère Taiyuan. Relecture attentive par l'abbé Huili. Relecture attentive par le sthavira [moine à la tête de l'administration du monastère] Daocheng du monastère Taiyuan. Sous l'autorité officielle de Li De, fonctionnaire chargé des affaires courantes, chef du bureau des parcs impériaux auprès de la cour des greniers impériaux, et Yan Xuandao, portant le titre honorifique de grand maître des audiences de la cour et chargé du service des appartements impériaux." Trois relectures effectuées par des correcteurs puis trois par des réviseurs sous la direction de deux hauts fonctionnaires laïques semblent avoir constitué une procédure normale de vérification des copies.
Des 20 feuilles annoncées n'en subsistent que 10, faites d'un superbe papier peu épais de chanvre à fines vergeures régulières et à double ligne de chaînette. La glaçure obtenue par la teinture et le traitement à la cire, opérations effectuées à proximité de l'atelier de copie, lui a donné une profonde couleur ocre foncé. Tant la qualité du papier que la régularité de la copie, comptant 31 colonnes de 17 caractères par feuillet, ainsi que le niveau calligraphique très professionnel démontrent l'importance des moyens accordés aux ateliers de la capitale.