Traité sur le calendrier et sur la musique
  
Auteur : Zhu Zaiju, prince héritier de Zheng, 1536-1611
Édition du XVIIe siècle
Édition xylographique illustrée sur beau papier blanc
49 x 35,5 cm ; bois : 25,5 x 20 cm
BNF, Manuscrits orientaux, chinois 3211

Cette superbe édition de grand format sur papier blanc, pourvue de couvertures en papier jaune, réunit des traités sur le calendrier, la musique et la danse, activités essentielles à l'accomplissement des actes rituels. Ce recueil constitue ainsi un véritable manuel chorégraphique, complété de textes théoriques et de notations musicales. Les danseurs sont représentés par des personnages évoluant sur une aire, chaque pas, dessiné précisément, peut être suivi page après page. Certaines danses ne sont montrées que par les mouvements des pieds, simplement figurées par les chaussons des danseurs. Les mouvements sont exécutés soit par deux danseurs évoluant symétriquement soit par des groupes plus importants. Certaines chorégraphies utilisent des accessoires tels que des plumes de faisan, des bêches, des balais ou des râteaux.
L'aire de danse, représentation de l'Empire au sein de l'univers, est un carré inscrit dans un cercle ; le Ciel est, en Chine, symbolisé par le cercle, la Terre par le carré, celui-ci est ici divisé en neuf zones, comme l'Empire chinois l'était traditionnellement en neuf provinces. L'orientation est conforme à celle des représentations cartographiques traditionnelles, le nord en bas et l'ouest à droite. La danse se déroule dans cet espace clos sacré selon un ordonnancement qui tient compte des axes des quatre orients ; en position initiale, les danseurs se tiennent aux seize points d'interaction de ce carré magique.
En ce qui concerne la danse rituelle collective présentée ici, on hésite à la classer en écriture chorégraphique ou en chorégraphie de l'écriture. En effet, les seize danseurs évoluent en composant par leurs mouvements un enchaînement graphique de caractères qui forme successivement les mots Tian xia tai ping, Ciel - sous - grande - paix, soit la formule "Grande paix dans l'univers". À cette fin, les danseurs se déplacent jusqu'au moment où le groupe représente la forme d'un caractère. Ils s'arrêtent alors, s'agenouillent puis fléchissent la partie supérieure du corps contre le sol. Cette danse calligraphique est exécutée non au pinceau mais par les seize figurants eux-mêmes dessinant une écriture symbolique au sein de l'univers figuré par l'aire circulaire.