Catalogue impérial de la collection d'antiquités du palais Xiqing
  
sous la direction de Liang Shizheng, Jiang Pu, et alii
Dynastie Qing, 1755
Édition xylographique illustrée ; belle impression sur papier blanc ; illustrations à pleine page ; couvertures d'origine en soie bleue ; 10 colonnes par page ; 18 caractères par colonne ; 40 fascicules
44 x 29 cm ; bois : 29 à 29,6 x 22,6 cm
BNF, Manuscrits orientaux, chinois 1138-1143

S'inspirant de catalogues plus anciens, cette édition impériale en 40 fascicules contient les illustrations et les notices de 1 529 objets, en majorité des bronzes antiques. Après une période de grande émulation sous la dynastie des Song, l'archéologie connut un temps d'éclipse et l'étude revint en force sous les Qing. Ce premier catalogue marque justement le renouveau de l'intérêt pour les études épigraphiques et numismatiques. C'est, comme beaucoup d'œuvres produites sous les Qing et notamment au cours du règne de Qianlong, une publication qui dépasse toutes les précédentes par la taille et qui peut s'enorgueillir d'avoir mobilisé les meilleurs artisans du moment. La qualité de l'édition est d'un très haut niveau : chaque objet est reproduit, comme dans les catalogues des Song qui servirent de modèle, et accompagné le cas échéant d'un frottis de l'inscription archaïque suivi d'une transcription en graphie moderne. Malgré ce soin extrême, il est à déplorer que cet ouvrage compte un nombre considérable de faux qui entachent sa valeur scientifique.
La possession des bronzes archaïques était essentielle pour asseoir l'autorité impériale. La détention des mythiques neuf chaudrons de bronze, objets symboliques de la plus haute valeur, garantissait la légitimité accordée par les autorités célestes. Aussi les empereurs des Qing firent-ils rechercher dans tout l'Empire des objets qui seraient dignes de figurer dans leur collection qu'ils voulaient la plus splendide, à l'image de leur dynastie. L'ouvrage appartient à toute une catégorie de catalogues qui recensaient les fonds impériaux de peinture, de calligraphie, de porcelaine ou même de pierres à encre.
Le présent ouvrage au grand format luxueux est pourvu de trois sceaux en rouge à la fin du premier texte liminaire portant l'ordre impérial de sa constitution. On trouve ensuite une préface des principaux éditeurs, la liste des collaborateurs puis une table des matières. Les couvertures ont conservé leur soie bleu foncé d'origine. Exemplaire de la précision du catalogue, une illustration présente le dessin au trait fin d'une cloche précieuse de la dynastie des Zhou et sur les feuillets suivants l'estampage de son inscription avec sa transcription en dessous puis deux feuillets de notice donnant non seulement les dimensions mais aussi des indications historiques.