Édition impériale de l'Éloge de la ville de Moukden
  
Qing Gaozong Hongli, l'empereur Qianlong (r. 1736-1795)
Dynastie des Qing ; composition datée de la 13e année de l'ère Qianlong, 1743
Édition imprimée en 1748
32 fascicules brochés, reliure à fil, couverture d'origine en soie bleue, étiquettes de soie jaune
30 x 19 cm ; bois : 21,6 x 16,5 cm
BNF, Manuscrits orientaux, mandchou 110 (1-32)

Cette belle édition en 32 fascicules recouverts de soie bleue est pourvue d'étiquettes de soie jaune sur lesquelles le père Amiot a noté le nom de chaque style. L'Éloge de la ville de Moukden et de ses environs. Poème composé par K'ien-long, empereur de la Chine et de la Tartarie, actuellement régnant fut publié à Paris en 1770 dans la traduction d'Amiot ; Ce plaidoyer en faveur de la culture mandchoue et sino-mandchoue exista en trois versions, l'une en chinois, une seconde bilingue en mandchou et en chinois, la troisième en mandchou. Parallèle en tout point à l'édition chinoise, le texte se décline en trente-deux graphies mandchoues distinctes. On sait que l'empereur Qianlong, qui pratiquait naturellement la langue et l'écriture chinoise à la cour, même lorsqu'il s'adressait à ses compatriotes, mit un point d'honneur à traduire lui-même sa poésie pour conserver vivante la langue de ses ancêtres et la placer à égalité avec le chinois. Les différents styles mandchous, qui contrairement aux chinois étaient de pure circonstance puisque inventés pour l'occasion, semblent n'avoir jamais servi à d'autres ouvrages que celui-ci, leur emploi étant cantonné aux sceaux publics ou privés. Ces étonnantes variantes non dépourvues d'inventivité ne se justifient que pour faire pendant à leurs équivalents chinois. On peut imaginer que l'empereur Qianlong, soucieux comme ses prédécesseurs de rehausser le prestige de l'écriture mandchoue en encourageant les traductions des grandes œuvres chinoises et en élaborant un mythe de fondation calqué sur la tradition chinoise, nourrissait quelque ambition de créer un répertoire qui permettrait de développer un art calligraphique mandchou à l'instar du prestigieux modèle chinois.