Sûtra de l'ornementation fleurie
  
Dafang guangfo Huayanjing : 80 chap., chap.41
Hangzhou, Dawanshousi, 1298-1307
bois, (h. 25), 5 panneaux par feuille, 6 col. par panneau,
17 car. par col. ; frontispice sur 5 panneaux
1 fasc. en accordéon (34 x 12 cm)
BNF, Chinois 10065
 
Peuple d'origine tangut, les Xixia avaient établi un royaume puissant (1032-1226) au Nord-ouest de la Chine, dont la capitale était Ningxia dans l'actuelle province du Gansu. Les découvertes archéologiques faites à Kharakhoto au début de ce siècle ont mis en évidence le raffinement de leur civilisation imprégnée de culture bouddhique. Ils avaient obtenu de l'empire Song une copie imprimée du Tripitaka en 1035 dont ils donnèrent la traduction en xixia au cours de la seconde moitié du XIsiècle, se basant aussi sur les textes tibétains dont ils disposaient.
Pour noter leur langue, ils avaient inventé une écriture complexe, dérivée des caractères chinois et pratiquaient l'imprimerie, illustrant les textes bouddhiques de gravures dans un style tibéto-népalais. Gengis Khan ruina leur empire en 1227 et décima la population. Toutefois leur culture leur survécut quelques temps.
Qubilai, descendant de Gengis Khan, ayant conquis la Chine et fondé la dynastie Yuan (1280-1368), régnant sous le nom de Shizu ordonna la gravure du Tripitaka en xixia. Exécutée dans un monastère de Hangzhou, l'ancienne capitale des Song du Sud (1127-1279) elle sera terminée sous la direction de Guanzhuba, un Xixia d'origine qui avait été responsable du clergé bouddhique dans la province du Zhejiang.
Récemment retrouvée, quatre-vingt-dix fascicules ont été découverts à Ningxia au Gansu en 1930, d'autres au Shanxi en 1933, cette édition a fait l'objet de nombreuses publications. Les frontispices qui l'illustrent sont dans la tradition iconographique des gravures xixia trouvées à Kharakhoto aussi très proches de ceux du Qisha zang. L'exemplaire ici présenté, acquis par Paul Pelliot, vient vraisemblablement de Ningxia. Le frontispice représentant le Boudda prêchant ses hôtes est certainement une regravure Ming (1368-1644) d'un original exécuté à Hangzhou vers 1302. Les planches des frontispices tirées au début de chaque chapitre s'usaient beaucoup plus vite que celles des textes et leur regravure s'imposait alors.