Jin'gang bore boluomi jing, Vajracchedika-prajnaparamita sûtra .Sûtra du diamant
 
T 235, vol. 8 ; T 2732, vol. 85. Traducteur : Kumarajiva (344-413).
Cinq Dynasties, Xe siècle. Livret illustré sur papier de 16 feuillets aux coins arrondis.
14,1 x 10,9 cm.
Dunhuang. Mission Pelliot, 26 avril 1910.
BNF, Manuscrits orientaux, Pelliot chinois 4098

Les livrets en cahier, dont un certain nombre ont été trouvés à Dunhuang, permettent d'observer l'apparition de nouveaux formats destinés, à terme, à remplacer le rouleau. L'un d'eux est un cahier de taille réduite, sorte de carnet de poche. La création de ce nouveau type de manuscrit coïncide, au moins à Dunhuang, avec une période de relative pénurie de papier, l'un des avantages du cahier étant d'utiliser les deux faces du support, ce qui fait une économie, contrairement à l'usage traditionnel du rouleau dont un seul côté était employé. Toutefois, les livres brochés continueront à n'être inscrits que sur une face, la qualité du papier chinois, mince et translucide, n'autorisant pas une impression de qualité au recto et au verso.
Ces livrets, pratiques à consulter et aisés à transporter, sont aussi des objets plus intimes qui manifestent une dévotion privée, plusieurs sont des bréviaires à usage personnel contenant de courts textes liturgiques très populaires. On remarque que les coins des feuillets ont été arrondis.
Le texte du sûtra dans sa version en 32 sections est précédé de plusieurs préambules en écritures régulière et courante, puis d'invocations aux porteurs de vajra sous forme d'illustrations accompagnées de cartouches. Les porteurs se distinguent ici par un faciès plus animal, la tête entourée d'une auréole flammée, debout sur des rochers qui figurent des socles, éléments qui contribuent à l'expression d'un déploiement de grande force. Les dessins ont été rehaussés de couleurs : le rose de la chair ainsi que les touches de vert, beige et rouge qui animent.