Jin'gang bore boluomi jing, Vajracchedika-prajnaparamita sûtra. Sûtra du diamant.
 
Traducteur : Kumarajiva (344-413).
Dynastie des Tang, 3e année de l'ère Tianyou, soit le 30 avril 906.Livret broché de 28 feuillets de papier ; illustrations en couleur.
14,5 cm x 10,4 cm.
Dunhuang. Mission Pelliot, 26 avril 1910.
BNF, Manuscrits orientaux, Pelliot chinois 2876

Ce petit cahier broché aux coins très légèrement arrondis est le seul exemplaire complet de la version en 32 sections du Sûtra du diamant et pourrait avoir été écrit à l'aide d'un calame. Malgré le format réduit, l'artiste a su représenter d'un trait fin et soigné les huit porteurs de vajra sur deux registres. Les images ont été rehaussées de rouge grenat et de taches d'ocre jaune. Leur expression farouche, la variété de leurs attitudes, l'usage d'un rouge évoquant la couleur du sang séché contribuent à l'intérêt de ce livret. L'inscription finale, datée du 30 avril 906, nous apprend que le texte fut copié par un vieillard âgé de quatre-vingt-trois ans qui se servit de son sang mélangé à l'encre pour écrire de sa main le sûtra, afin de le diffuser auprès de tous les croyants de Shazhou (région de Dunhuang). Huit copies du texte calligraphiées par le même dévot octogénaire sont connues. L'une d'elles mentionne également une encre mêlée de sang. Cette pratique est, par ailleurs, attestée chez les bouddhistes. Le sang, qui mérite de figurer dans l'inventaire des encres précieuses au même titre que les encres d'or et d'argent, mélangé à de l'encre présente une teinte noire assez pâle.