Sûtra de la dharani qui libère de tous les ennemis
  
Rouleau manuscrit, encre sur papier
Dunhuang, VIIe-VIIIe siècle pour la copie, IXe-Xe pour la reliure
25,4 x 880 cm ; bâton d'enroulage : 29,8 cm
BnF, Manuscrits orientaux, Pelliot chinois 2136

Le texte apocryphe du Sûtra de la dharani qui libère de tous les ennemis ne compte que quelques dizaines de caractères, et une seule feuille de papier suffit à sa copie. Le papier épais, vraisemblablement de fabrication locale, montre une pâte peu homogène et de larges vergeures. Il a été teint en jaune, puis réglé, avant de recevoir le texte calligraphié en écriture régulière (kaishu) selon les standards de dix-sept à dix-huit caractères par colonne. Coupée en biseau, l'extrémité de la feuille de papier est collée au bâton d'enroulage, d'un bois léger, teint en brun. En tête du texte est montée par simple collage une feuille de couverture d'un papier similaire, mais plus épais, dont le bord extérieur, replié, est renforcé d'une mince lamelle de bambou ; c'est sur celle-ci que l'on peut fixer le ruban de soie qui maintiendra le rouleau fermé. Le titre de l'ouvrage est calligraphié le long du bord de la feuille de couverture. Le bâton d'enroulage, de bois simple ou précieux, finement incrusté, comme ici, d'un motif de fleur de lotus épanouie ou laqué de noir, constitue, avec la feuille de couverture, la "reliure" du rouleau, dont tous les éléments sont assemblés par simple collage. Un ruban de soie maintient le rouleau fermé et le titre de l'ouvrage est calligraphié en gros caractères le long du bord de la couverture. Relativement court, le texte – un apocryphe bouddhique de la tradition du Grand Véhicule – tient sur un seul rouleau composé de vingt feuilles de papier. Dans le cas de textes plus longs, dont la copie courait sur plusieurs rouleaux, ceux-ci étaient regroupés dans des enveloppes d'étoffe, chanvre grossier ou brocart de soie.