La sigillographie


Le sceau est connu depuis la haute antiquité chinoise. Il fut, avant la découverte du papier, appliqué sur de l'argile ou de la soie. Au début de la période des Six Dynasties (386-589) les sceaux commencèrent à être apposés à l'encre rouge faite d'un mélange de cinabre et d'huile. Cet usage, ininterrompu depuis, se généralisa probablement autour du sixième siècle.
Deux techniques de gravure peuvent être utilisées : en intaille ou en épargne. Dans la première, le fond encré délimite le contour des caractères évidés qui apparaissent de la couleur du papier. Dans la deuxième, le fond non encré reste blanc tandis que les caractères en relief gravés en image miroir s'impriment en rouge. La première technique est parente de l'estampage, la seconde de la xylographie. Ces matrices de taille réduite évoquent aussi les caractères mobiles. La sigillographie apparaît comme une forme primitive d'imprimerie, c'est pourquoi il est impossible d'assigner une date précise à cette invention issue d'une lente évolution, d'une recherche et d'une pratique millénaires. S'appliquant par pression sur le papier, le sceau diffère des autres modes d'impression (estampage, xylographie, caractères mobiles) où la feuille est positionnée sur la matrice.
 
   
 




 

Les sceaux présentent une grande diversité de taille, de forme et de matière. La forme carrée convient particulièrement à un ensemble de quatre caractères. Toutefois, les sceaux peuvent en compter plus ou moins, s'inscrire dans un cadre fantaisiste comme une gourde par exemple, être rectangulaires ou encore suivre la forme naturelle de la pierre. Le sens de lecture (horizontal, vertical, selon les aiguilles d'une montre ou en sens inverse) est laissé à la fantaisie du graveur qui puise dans un registre stylistique assez étendu. Néanmoins, dans la mesure où les caractères sont incisés dans la pierre, les traits manquent généralement de corps et marquent une tendance à l'angularité. Parfois en bronze, les sceaux sont plus généralement en pierres semi-précieuses. Celles-ci sont soigneusement sélectionnées pour leur qualité ou leur veinure particulière, la matière la plus noble restant le jade.

 

En Chine, le sceau n'a pas seulement le rôle d'authentification officielle qu'il a dans toute bureaucratie. Il s'y ajoute la valeur d'une signature individuelle. Un chinois ne signe pas, il appose son sceau. Un lettré ou un artiste peut en posséder plusieurs. Les éditions de tête portaient la marque du sceau du préfacier ou de l'empereur apposé à l'encre rouge. Après leur mort, ou lors d'un tirage postérieur, les sceaux étaient reproduits gravés sur la planche de bois. Une calligraphie impériale gravée sur pierre pouvait aussi être suivie d'un sceau reproduit par estampage. Il est par ailleurs d'usage qu'un collectionneur marque de son sceau personnel une peinture ou un livre qui lui appartient, le sceau prend alors la valeur d'un ex-libris).

N.M.