La lithographie




 

Le procédé lithographique introduit par les missionnaires occidentaux au XIXsiècle connut un certain succès en Chine. Il répondait aux attentes d'un public accoutumé aux impressions xylographiques qui combinent avec facilité le texte et l'image. Aucune contrainte technique n'empêchait non plus de reproduire l'écriture chinoise dans toute sa complexité. Toutefois, les lithographies n'avaient ni le relief ni la même précision du trait que les xylographies. Le procédé avait en revanche l'avantage de pouvoir imprimer rapidement et à faible coût, aussi fut-il très populaire auprès des éditeurs de livres et de journaux illustrés.
L'implantation du premier atelier d'édition se fit dans une imprimerie catholique de Shanghai. L'atelier le plus célèbre, le Dianshizhai, fut établi dans cette ville en 1874. Certaines de ses éditions étaient si petites qu'une loupe était fournie avec les volumes. Des éditions rares furent ainsi reproduites en fac-similé comme la "Grande encyclopédie impériale illustrée" (voir n° 9 et 85) en 1890, ou les "Cérémonies du soixantième anniversaire de l'empereur" (voir no 84), dans un format très réduit.
Avec la croissance des maisons d'édition de Shanghai, le procédé se répandit dans toute la Chine. Au début du XXsiècle, les Presses impériales qui continuaient à produire des éditions de style traditionnel, en espérant retrouver leur grandeur passée, publièrent des éditions grâce au procédé.

N.M.