Les trois grands systèmes de pensée en Chine
 

On ne retrouve en Chine ni cette opposition du divin et de l’humain, de l’homme et de la nature, si caractéristique de notre Occident depuis les Grecs, ni cette vision du monde comme création née du rite et entretenue par lui, et cette indifférence à la temporalité qui sont propres à l’univers mental de l’Inde. Tout au contraire de l’Inde, les Chinois gardent un étonnant sens pratique et jugent de la valeur des religions à leur efficacité.
Jacques Gernet, Le Monde chinois, p. 34

La civilisation chinoise est traversée par trois grands courants spirituels : le confucianisme, le taoïsme et le bouddhisme. D’abord transmises oralement, ces trois doctrines reposent sur tout un ensemble de textes canoniques, connus sous le nom de jing, mot qui désigne les fils de la chaîne sur le métier à tisser : ainsi, le Daodejing, ou Classique de la voie et de la vertu, est le texte fondateur du taoïsme, et le Yijing, ou Livre des Mutations, est l’un des "Classiques" confucéens. Le terme de sûtra, qui désigne les discours de Bouddha, signifie lui aussi en sanscrit les fils du métier à tisser. Ces textes canoniques sont le fondement de la doctrine des trois grandes philosophies. Loin d’être fermées les unes aux autres, ces trois approches se sont naturellement mélangées pour féconder le domaine de la pensée chinoise, tout comme celui de l’écriture.