L'attraction universelle

    
En 1687, dans ses Principes de la Philosophie Naturelle, Isaac Newton introduit en physique l'espace géométrique sous forme d'un cadre infini au sein duquel se déroulent les phénomènes établissant les lois du mouvement, il énonce la loi de l'attraction universelle : tous les corps s’attirent entre eux, proportionnellement à leurs masses et dans une proportion inverse au carré de leur éloignement. Une pomme tombe parce qu'elle est attirée par la Terre, vers son centre. De même la Lune est attirée par la Terre. De même, toutes les planètes, y compris la Terre, sont attirées par le Soleil et tournent autour de lui selon les ellipses découvertes par Kepler. Expliquant l'organisation et le fonctionnement du Système solaire en termes de forces et en vertu d'un système général du monde, Newton ouvre de nouveaux horizons cosmologiques. En même temps que la découverte de l'éloignement des étoiles, son système fait éclater définitivement la sphère des fixes et le monde clos enfermé dans ces limites : l'espace est géométrique et infini ; le temps est éternel ; la gravitation universelle est responsable de tous les mouvements célestes. Désormais, la physique invoquera explicitement l'espace géométrique pour décrire l'espace cosmique. L'espace de Newton est certes le plus simple, celui de la géométrie euclidienne, mais c'est déjà un espace conceptualisé, rigide, sans courbure.
    

Les XVIIIe et XIXe siècles voient triompher la physique newtonienne vérifiée par de nombreuses observations : aplatissement de la Terre conforme à la théorie de l'attraction, prédiction du trajet des comètes, découverte de la planète Neptune… Les savants du XVIIIe siècle, Euler, d'Alembert, Lagrange développent les outils mathématiques pour mieux l'exploiter. Pierre Simon de Laplace, dans son Exposition du système du Monde (1796), la vulgarise et en présente les implications astronomiques.