La médiation arabe

   
Traité d'astronomie arabe   
    

Traité d'astronomie
arabe

Système du monde
de Scot

Système du monde
de Scot
Les bouleversements de la fin de l'Antiquité font disparaître les livres et les cartes. La cosmologie tombe partiellement dans l'oubli. Les Arabes installés par l'expansion de l'Islam au cour de l'oekoumène, dans des régions de grande tradition astronomique, vont sauvegarder une partie du savoir ptoléméen, le développer et le transmettre à l'Occident. Au IXe siècle, le calife abbasside de Bagdad - le célèbre al-Ma'mûn - est incité par un songe à se faire le défenseur de la raison, donc des mathématiques, de l'astronomie et de la géographie. Encouragés par lui, des savants arabes, perses et plus lointains encore, retrouvent des ouvrages grecs, les traduisent et en complètent les données. Les besoins de la religion sont aussi un stimulant. Il faut partout des spécialistes sachant manier quadrant et astrolabe pour fixer l'horaire des cinq prières quotidiennes, depuis le coucher du Soleil (début du jour islamique) en passant par midi juste et l'après-midi, au moment où l'ombre du gnomon à midi est augmentée de la longueur du gnomon. Il en va de même pour le début du Ramadan déterminé comme tous les mois du calendrier lunaire musulman, par la première apparition du croissant de lune. L'orientation vers la direction sacrée (qibla) de La Mecque, exige en plus le recours à la boussole et à la carte.
    

Traité d'astronomie
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La Syntaxe mathématique de Ptolémée, appelée désormais Almageste (le plus grand des livres), est complétée par des catalogues d'étoiles, des cartes célestes et des tables astronomiques calculées avec la numération indienne et le zéro, la trigonométrie et les principes de l'algèbre (al jabr, la réduction) d'al-Khwarizmi. Les savants arabes perfectionnent les instruments d'observation, et leurs cartes géographiques avec le sud en haut complètent celles de Ptolémée en donnant une vision schématisée et synthétique du monde musulman (al-Istakri, Ibn Hawkal).
    
   


"J'ai détaillé les pays de l'Islam, province par province, région par région, district par district..."
Ibn Hawkal
   
      

À son tour transmis à l'occident grâce aux traducteurs juifs et chrétiens de Sicile et d'Espagne, ce savoir, notamment tout le vocabulaire technique et astronymique, alimente les traités scientifiques rédigés dans les jeunes universités du XIIIe siècle.