Guillaume de Conches,
Philosophie du monde.
F. 47v: schéma de l'univers.
Paris, BnF, Mss, Latin 11130.
 
 

 
Une Terre sphérique

Fixe et immobile au centre du monde, la Terre est ronde.

Contrairement à une opinion encore trop largement répandue selon laquelle durant tout le Moyen Âge la Terre aurait été considérée comme un disque plat flottant sur les eaux, la notion de sphéricité terrestre héritée de la géographie astronomique des Grecs n'a jamais disparu.

La théorie d'une Terre plate développée par exemple par Cosmas Indicopleustès, un auteur byzantin du VIe siècle, dans sa "Topographie chrétienne", demeure étrangère à l'Occident latin.

Dès le VIIe siècle, au moment où nous apparaissent les premières mappemondes, la Terre est désignée par le terme sans équivoque de "globus", un globe, ou "spera", une sphère.

Au XIIe siècle, Lambert de Saint-Omer, auteur du Liber floridus intitule sa grande mappemonde, Spera geometrica et Honorius Augustodunensis dans l'Imago mundi compare la Terre à une pelote, "pila", que les boursouflures des montagnes, vues d'en haut, ne parviendraient pas à rendre irrégulière, comparaison reprise dans l'Atlas catalan.

Une sphéricité, que depuis le milieu du XIIe siècle, Guillaume de Conches dans le Dragmaticon, composé dans les années 1145-1150, prend soin de démontrer.

Tandis que sont traditionnellement rapportées les deux mesures de sa circonférence, les 252 000 stades calculés par Eratosthène et les 180 000 stades de Ptolémée.