Les mythes

   


Qu'est-ce qu'un mythe ?

Le mot mythe vient de grec muthos qui signifie récit ; mais il ne s’agit pas de n’importe quel récit. Le mythe est une histoire ayant pour but d’expliquer les mystères de monde, ses origines, ses valeurs, son sens, de situer les relations entre les hommes et les dieux.

Même quand le récit est peu vraisemblable, il a une signification profonde, rendant compte de la représentation qu’une société se fait d’elle-même et de sa place dans l’univers.
De nombreux mythes retracent l’histoire de la création de l’univers et de l’humanité.

     

Documentation :

  constituer sa documentation

 

- Analyser les thèmes récurrents ;
- Faire une typologie des mythes de création de monde ;
- Faire une présentation synthétique des différentes manières de se représenter la création de l’univers ;

    - Consultez le dossier Mythe de création du monde ;
- Consulter la bibliographie ;
- Visiter librairies et bibliothèques.
     
Analyse :   analyser, trier, classer

 

- Analyser les thèmes récurrents ;
- Faire une typologie des mythes de création de monde ;
- Faire une présentation synthétique des différentes manières de se représenter la création de l’univers ;

     
Comparaison :   comparer mythes et sciences

Comparer, notamment, les thèmes suivants :
- comment cela a-t-il commencé ? Qui est à l’origine ?
- combien de temps cela a-t-il duré ?
- dans quel ordre se crée le monde ?
- le mythe rend-il compte de désordres, de bagarres, d’épreuves à traverser ?
- quelle place occupe l’être humain dans la création, quelle responsabilité a-t-il à son égard ?
- comment se situent l’homme et la femme l’un par rapport à l’autre ?
- l’univers est-il fini ou infini, est-il perfectible, a-t-il une limite dans le temps ?
- le mythe évoque-t-il la mort ?
- le mythe sous-entend-il une représentation du bien et du mal ?
- le mythe repose-t-il sur une conception du temps (un temps cyclique – un temps avec un commencement et une fin…) ?

- Essayer d’analyser la manière dont les mythes évoluent avec l’histoire des sociétés et le développement de la connaissance scientifique du monde ;

- Essayer de recenser dans les mythes des éléments susceptibles de rendre compte, de manière poétique, d’intuitions sur les origines de monde, que les scientifiques d’aujourd’hui ne récuseraient pas. Recenser également des éléments de représentation rendant compte de manière erronée de la réalité.

     
Contes et récits :    

À côté des mythes, les contes n’expliquent pas le monde, mais proposent des parcours initiatiques pour s’y frayer un chemin. Enfin, des récits poétiques ou humoristiques n’ont d’autre ambition que de distraire les lecteurs même s’ils sont sous-tendus par un propos philosophique.

Les éditions Larousse proposent, en livre de poche, une anthologie intitulée 36 façons d’inventer le monde. Voici, extraits majoritairement de cette anthologie, cinq débuts de récits dont vous pourrez imaginer la suite avant de vous reporter aux textes respectifs de Mark Twain, Le Journal d’Adam et Eve, de Pierre Gripari, Contes de la rue Broca ; d’Abdou Anta Ka, La Création selon les Noirs ; de Gianni Rodari, Histoire au téléphone. Le dernier texte, hors anthologie, est de Pierre Aroneanu, Le Maître des signes, aux éditions Alternatives.

     
Cinq débuts de récits :    

 
Le point de vue d’Adam

Lundi. Cette nouvelle créature aux longs cheveux est bien encombrante. Elle ne fait que traîner et me suit partout. Je n’aime pas ça ; je n’ai pas l’habitude de la société ; je voudrais qu’elle reste avec les autres animaux.
Temps couvert aujourd’hui, le vent est à l’est ; je pense que nous allons avoir la pluie… Nous ? Où ai-je pris ce mot ?… Je m’en souviens maintenant : c’est la nouvelle créature qui a dit ça.
Huit jours plus tard. La nouvelle créature dit que son nom est Eve. Parfait, je n’y vois pas d’inconvénient ; elle dit que c’est pour l’appeler quand j’ai besoin d’elle ; j’ai répondu qu’alors c’était du "superflu". Ça a eu l’air de l’impressionner. Il est vrai que c’est un beau mot, qui sonne bien ; je le replacerai.

Marc Twain,
Le Journal d’Adam et Eve

     
  Et si Dieu était un enfant ?

Il était une fois une maman Dieu, avec son petit Dieu. La maman Dieu était installée dans un grand fauteuil et reprisait des chaussettes pendant que le petit Dieu, assis à une grande table, finissait ses devoirs.

Le petit Dieu travaillait en silence. Et quand il eut fini, il demanda :

"Dis-moi, Maman : est-ce que tu me donnes la permission de faire le monde ?"

La maman Dieu le regarda :

"Tu as fini tes devoirs ?
- Oui, Maman.
- Tu as appris tes leçons ?
- Oui, Maman.
- C’est bon. Alors, tu peux.
- Merci, Maman."

Le petit Dieu prit une feuille de papier, des crayons de couleurs, et il se mit à faire le monde.

Pierre Gripari,
Contes de la rue Broca,
éditions La Table ronde.

     
  La création selon les Noirs

"Non, mon fils, Adam n’est pas le Premier Homme selon nous, les Noirs. Eve non plus n’est pas la Première Femme.
- Grand-père, qui donc était le Premier Homme selon nous ?
- Ecoute… Donne-moi le temps de bourrer ma pipe.
- Tu fumes trop, grand-père.
- Cela me fait du bien… La lune est le Premier Homme.
- La lune notre ancêtre ! Que me racontes-tu là, grand-père ?"

Abdou Anta Ka,
La Création selon des Noirs,
éditions Nouvelles éditions africaines.

     
  Histoire universelle

Au commencement, la Terre était faite de travers, et il fallut bien des efforts pour la rendre plus habitable.

Gianni Rodari,
Histoires au téléphone,
La Farandole.

     
  La stèle de la terre

Il était une fois, assis face à la ligne d’Infini qui sépare l’Ombre de la Lumière, un Poète.

Après avoir médité pendant dix mille ans, il trempa son pinceau dans l’encre de la nuit et, sur la surface blanche du jour, il traça le chiffre UN, cause de toutes les causes, origine de tout ce qui est.

Dix mille autres années de méditation lui révélèrent le principe de la Dualité contenue dans le chiffre un, comme dans toute chose. Alors, du chiffre premier, il tira le nombre DEUX.

Puis de deux, le nombre TROIS. Le jour ne contient-il pas le matin, le midi, le soir, et le temps, le passé, le présent, le futur ?

Pierre Aroneanu,
Le Maître des signes,
éditions Alternatives.

     

Les ingrédients d’un récit :

   

Construire un récit à partir des ingrédients que vous aurez sélectionnés en choisissant un nombre de 1 à 7 dans chacune des catégories suivantes.

Le lieu du récit

  1. le chaos,
  2. le fond de l’océan,
  3. la dernière des galaxies,
  4. l’anneau de Saturne,
  5. une géante rouge,
  6. un trou noir,
  7. une étoile nouvellement née.

Le héros de l’histoire

  1. un extraterrestre,
  2. le survivant de la planète B 312,
  3. un enfant au regard bleu nuit,
  4. un géant au pied d’argile,
  5. un homme qui marchait à reculons,
  6. une toute petite planète,
  7. la grande déesse.

Une épreuve à franchir

  1. remonter le temps,
  2. la disparition de la pluie,
  3. déchiffrer une inscription dans une écriture inconnue,
  4. éviter une mutation génétique,
  5. tuer le monstre aux trois regards,
  6. franchir la mer de glace,
  7. retrouver la mémoire.

Un objet magique

  1. un rayon laser,
  2. une pierre sacrée,
  3. une planète magique,
  4. un œuf de cristal,
  5. une lettre de feu,
  6. l’eau de la régénérescence,
  7. le bâton de bien et du mal.

La rencontre d’un personnage bénéfique

  1. la femme oiseau,
  2. le lézard couleur du temps,
  3. l’homme d’Alidazur,
  4. le serpent d’argent,
  5. la déesse Naéma,
  6. l’ombre bleue,
  7. l’enfant aux cheveux d’or.

La rencontre d’un personnage maléfique

  1. la Division,
  2. le loup des steppes,
  3. le géant vert,
  4. le diable aux trois têtes,
  5. le dieu muet,
  6. le soleil mort,
  7. l’ombre de lui-même.

La morale de l’histoire

  1. on peut toujours trouver un plus méchant que soi ;
  2. l’avenir appartient à ceux qui se donnent la peine de l’explorer ;
  3. celui qui se contente de ce qu’il a se contente de peu ;
  4. ce qui a été séparé peut toujours être réuni ;
  5. ce qui brille n’a pas toujours de la valeur ;
  6. aujourd’hui plus qu’hier et bien moins que demain ;
  7. le passé ne manque pas d’avenir.