Angela Laurier, contorsion
Dans J’aimerais pouvoir rire, mise en scène Lucie Laurier
Théâtre National de Chaillot, Paris, le 10 février 2010.
© Photographie de Christophe Raynaud de Lage
À travers un parcours d’acrobate, de danseuse, de comédienne et de directrice de compagnie depuis 2006, la Québécoise Angela Laurier (née en 1962), construit un environnement lui permettant d’appréhender son drame intérieur, familial à l’origine. Avec Exutoire (2007), Déversoir, créé en 2008 aux Subsistances de Lyon, et J’aimerais pouvoir rire, créé le 11 février 2010 au Théâtre National de Chaillot, elle élabore, avec le concours de sa sœur Lucie, une forme de rituel thérapeutique qui explore sans détours, mais avec poésie et un peu d’humour, la réalité de l’histoire familiale. Ensemble, dans Déversoir, elles donnent chair à la maladie – la schizophrénie – et au malade, leur frère Dominique, seul en scène le temps d’une séquence, présent et absent à la fois. Angela, elle, est dans la résistance. Elle décrit le drame familial, le dessine, le scande, avec son corps, avec son langage, entre danse et contorsion et le support d’autres medias. Un mur d’images duplique ses mouvements en de longues calligraphies changeantes. Des fenêtres, sur l’écran, s’ouvrent sur le visage marqué, torturé, de leur propre père et donnent un cadre à la litanie de celui qui convoque à l’infini les moments les plus désespérants de son histoire. De leur histoire. J’aimerais pouvoir rire donne à Déversoir une suite où Dominique, reparti au Québec, parle, chante et danse en images virtuelles, cette fois. Plus que jamais Angela, mise à nue, seule en scène, interprète et incarne la fragilité et la cohésion familiales.
 
 

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