"Allons donc ! allons donc ! faisons le saut périlleux !"
Propos adressé par Casimir Périer-arlequin à Louis-Philippe funambule
Publié dans La Caricature, n° 70 (1er mars 1832), planche 141.
Lithographie d'Auguste Bouquet, 27,7 x 22,3 cm
BnF, département des Estampes et de la photographie, RÉSERVE QB-370 (96)-FT4
© Bibliothèque nationale de France
Né au XVIe siècle, l’Arlequin, personnage central de la Commedia dell ’Arte, joue dans le théâtre populaire italien les rôles de valet manipulateur et sournois. Il garde ses caractéristiques d’assistant matois, charmeur et rusé, dans des adaptations au théâtre de Molière et sur les tréteaux des paradistes au siècle suivant, pour investir la pantomime anglaise à la fin du XVIIIe siècle, comme partenaire du Clown émergent, dont Joey Grimaldi façonne la silhouette. Au cours du XIXe siècle, il délaisse les Tivoli pour inspirer entrées clownesques et pantomimes au cirque puis au music-hall. C’est dire que le farceur italien est bien intégré dans la tradition occidentale, et bien en vue sur la scène française.
Sous la presse d’Alexandre Bouquet, la rédaction du journal La Caricature de 1832, attribue à Casimir Périer (1777-1832), alors Ministre des affaires intérieures et Président du Conseil des Ministres français, les attributs et le jeu provocateur, autoritaire et dangereux du personnage d’Arlequin, pour faire « sauter » le roi Louis-Philippe, en équilibre précaire sur un fil, auquel il dicte comportements, paroles publiques et décisions. Un examen des dates de publication de cette caricature, en mars, et de sa mort, en mai, pourrait laisser penser à une sanction terrible qui lui aurait été appliquée pour son audace et un totalitarisme qui lui valut beaucoup d’inimitiés, mais en réalité c’est une initiative généreuse, la visite avec le Duc d’Orléans des malades du choléra à l’Hôtel-Dieu qui aura raison de sa volonté et de sa vigueur.
 
 

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