Émilie Loisset, écuyère
Exercice de haute-école au cirque des Champs-Élysées
Illustration de presse, 1878.
Impression photomécanique, 25 x 25 cm
BnF, département des Arts du spectacle, 4-ICO PER-27953
© Bibliothèque nationale de France
Avec Émilie Loisset culmine et disparaît non seulement la dynastie circassienne des Loisset, mais aussi une génération de femmes qui se sont affirmées, jeunes, dans un monde d’hommes très fermé : celui du dressage des chevaux et de la pratique de l’équitation. Les écuyères des deux cirques, le cirque d’Été aux Champs-Élysées et le cirque d’Hiver, exécutent, à l’instar des hommes de chevaux, manœuvres (sauts d’obstacles), airs de haute école, démonstrations de dressage, carrousels et quadrilles… toutes performances qui exigent une présentation, un style et une technique impeccables, alors qu’elles montent en amazone, ce qui ajoute à la difficulté de l’exercice. La posture est mise à l’honneur par Catherine de Médicis qui, désireuse de suivre le roi et sa cour à la chasse, fait équiper sa selle d’une « fourche haute » pour maintenir une jambe ramenée vers l’autre sur le flanc de sa monture. Les écuyères « d’école » du XIXe siècle utilisent une selle encore perfectionnée. Écuyère vedette de Victor Franconi, la jeune Émilie Loisset, appelée affectueusement la Petite Émilie pour souligner le contraste entre la fluidité de son style et un caractère bien trempé, affirme son autonomie en refusant le mariage princier qu’attendent ses compagnes. Elle fait graver sur sa cravache la devise des sires de Coucy, revisitée : « Reine ne puis, princesse ne daigne, Loisset suis… ». Dans sa volonté de s’imposer comme maîtresse de la piste en maîtrisant un cheval irlandais particulièrement rétif, appelé « Pour toujours », elle le force à sauter un obstacle, qu’il évite, provoquant la chute mortelle de la jeune fille, gravement blessée par une fourche de sa selle.
 
 

> partager
 
 

 
 

 
> copier l'aperçu