Encyclopédie des arts du cirque

Arts du cirque

Madame Romanini, la sylphide aérienne

Costume Bilder zur Theaterzeitung, 45
Gravure d’Andreas Geiger (1765-1856), d’après un dessin de Johann Christian Schoeller (1782-1851), 1837
BnF, Bibliothèque-musée de l’Opéra, EST CIRQUE 4 (19)
© Bibliothèque nationale de France
Revêtue d’un costume porté par les danseuses de l’Opéra, Mlle Romanini arbore sur son chapeau le signe de reconnaissance des saltimbanques et particulièrement des danseuses et des danseurs de corde : un panache de plumes. Elle est représentée au cœur d’un riche décor de théâtre qui met en valeur ses figures et les petites scènes qu’elle interprète. La nature de son matériel et de son vocabulaire artistique tranche sensiblement sur le support et le répertoire traditionnels des danseurs de corde, car elle utilise non une corde mais un fil métallique, le fil d’archal.
Connu depuis le XIIe siècle, l’alliage de cuivre qui constitue le laiton, fileté et torsadé, permet de former un fil qui pour certains praticiens présente sur la corde trois avantages : la solidité, la longueur et la souplesse. Qualifiée d’oricalcienne, Mlle Romanini est la première artiste repérée qui en fait usage, même si des historiographes l’attribuent à presque 50 ans d’écart à Oceana (Gutteridge) Renz, égérie d’artistes et écrivains comme Barbey d’Aurevilly, qui en fera le sujet d’un feuilleton paru dans Le Théâtre Contemporain en 1881-1883.
Découverte par les frères Franconi lors d’une tournée de leur compagnie à Bordeaux, Mlle Romani rejoint le Cirque Olympique en janvier 1823. Le public des habitués applaudit la grâce et la maîtrise de la danseuse et un final que permet son agrès, un dernier « vol » qui enchante les amateurs. Les chroniqueurs décrivent généreusement cette dernière séquence où Mlle Romanini impulse à son fil des oscillations avant de sauter légèrement sur ce support et se balancer, debout, gardant l’équilibre par des mouvements des bras, sans balancier. Mlle Romanini forme une petite troupe et se produit dans divers cirques et les théâtres d’Europe avec ses deux jeunes sœurs. MM
 
Sources :
- Le Miroir du 7 février 1823.
- Jules-Edouard Bouteiller, Histoire complète et méthodique des théâtres à Rouen, C. Métérie, 1880, p. 233-234 (tome IV, chapitre du Théâtre-Français).
- La Pandore. Miroir des spectacles, des lettres, des mœurs et des arts n°321, du 31 mai 1824, p. 2.
- Le Figaro du 28 mai 1826.