Orphée et les oiseaux, un acrobate (à gauche)
Singe musicien jouant de la vièle
Modillon d’un chapiteau roman. École française XIIe siècle
Lieu non identifié.
Photographie positive, sans date
BnF, département de la Musique, VM PHOT MIRI-17 (69)
© Bibliothèque nationale de France
Sur ce modillon, pierre sculptée soutenant la corniche d’un chapiteau roman, un musicien auquel on a donné l’apparence d’un singe cynocéphale (genre babouin) joue de la vièle. Appelé aussi rebec, cet instrument assez rustique est composé d’une caisse et de cordes, frottées. La représentation de la musique profane est sévèrement condamnée par l’Église. Associée à une figure maléfique comme un saltimbanque, qui exerce une profession maudite, ou à un animal, tel ce singe, elle est supposée accompagner des pratiques vicieuses comme la luxure. Le singe évoque l’acrobate dont les contorsions offensent le Créateur, qui a « fait l’homme à son image ». Diabolisés à l’instar des monstres et de divers animaux, les artistes qui effectuent des exercices « extra-ordinaires », ornent les colonnes des enceintes extérieures aux chapelles et aux églises pour prévenir le pécheur de leur exclusion de la communauté des chrétiens.
 
 

> partager
 
 

 
 

 
> copier l'aperçu