Encyclopédie des arts du cirque

Arts du cirque

John Ringling North (1903-1985)

Circus president, producer and composer (tampon au dos)
Dans son bureau des quartiers d’hiver du cirque Ringling Bros. and Barnum & Bailey Sarasota (Floride), vers 1950
Photographie positive, 24 x 36 mm
BnF, département des Arts du spectacle, 4-PHO-22 (23)
© Bibliothèque nationale de France
Né à Baraboo, un petit village du Wisconsin promis à un bel avenir, John North est le fils d’Ida Loraina Wihelmina Ringling et de Harry Whitestone North. Sa mère est la sœur des frères Ringling, futurs magnats du cirque américain. John North a été confronté très jeune à la vie du cirque. Après un parcours universitaire écourté, il quitte Yale à l’issue de sa première année. Il travaille au développement des affaires de son oncle, John Ringling. Entre 1929 et 1936, il évolue dans le monde des brokers newyorkais tout en consacrant ses étés au service des intérêts du cirque familial. Il en devient le président et le directeur à la mort de son oncle en 1936. Sous son règne, le cirque s’est transformé et a notamment gagné en sophistication : John North a très vite intégré les mutations de la société américaine de l’après-guerre et pris en compte l’évolution du goût du public.
S’il n’a jamais renié la dimension foraine de son entreprise, en présentant notamment le gorille Gargantua comme une attraction sensationnelle, il a aussi sollicité Ernest Hemingway pour les textes d’un programme ou Igor Stravinsky et Georges Balanchine pour la création d’un ballet destiné à ses 50 éléphants. Il a obscurci la toile du chapiteau, passant du blanc au bleu nuit, magnifiant ses spectacles avec des effets de lumière jusque-là réservés au théâtre. John North a également engagé des talents issus d’univers très différents : le designer Norman Bel Geddes, le metteur en scène John Murray Anderson ou le créateur de numéros aériens Van Der Clyde plus connu sous son nom d’artiste, Barbette. Pour alimenter ses programmes en attractions inédites, John North passe plusieurs mois par an à sillonner l’Europe à bord d’une voiture imposante pilotée par un chauffeur. L’hiver, il s’installe à Sarasota dans son luxueux wagon Pullman et le reste du temps il voyage avec le cirque à travers les États-Unis. En 1956, en butte à d’incessants problèmes techniques, artistiques et sociaux, il amorce une révolution dans l’histoire de la compagnie familiale en abandonnant définitivement le chapiteau pour privilégier les arenas, plus vastes, bien situées et plus confortables. En dépit de nombreuses manifestations de protestations et d’une bonne dose de nostalgie, le succès est au rendez-vous et le cirque trouve peu à peu son rythme de croisière. En 1967, lassé par les contraintes inhérentes à la gestion du cirque, il le cède à un producteur, Irvin Feld. Il entame alors une nouvelle existence de voyages, essentiellement en Europe. Il s’éteint à Bruxelles le 4 juin 1985. PJ
 
Source :
- David Lewis Hammarstrom, Big Top Boss : John Ringling North and the Circus, 1992.