Encyclopédie des arts du cirque

Arts du cirque

Adolf Olchansky, Auguste de soirée

Vers 1900
BnF, département des Arts du spectacle, 4-COL-180 (147)
© Bibliothèque nationale de France
D’origine danoise, la famille d’icariens des Olchansky produit à la piste plusieurs artistes, dont William (1858 ou 1860-1930), leur aîné, et leur fils adoptif Adolf, né Eggertsen en 1863, tous deux cascadeurs. C’est au cirque d’Adolphe Léonard Houcke, dont il devient le gendre en épousant sa fille Juliette, qu’il crée et teste un rôle de régisseur comique, à la fois arrogant et maladroit qui renouvelle l’emploi d’auguste de soirée. Dans la tradition du premier Auguste et de son vulgarisateur James Guion, dit Gugusse, il adopte le frac noir des écuyers de barrière, une grande cravate et un gilet blancs, des médailles épinglées sur son col et un monocle avec lequel il toise artistes et spectateurs. Le chef surplombé d’une crête de coq, ou plutôt de hocco, frisée, déclinaison en raccourci, provocante, des « toupets » doubles ou triples, des clowns en souquenille. Solitaire, au contraire des augustes qui déboulent en charivari entre deux performances, il crée un personnage de clown parleur d’une élégance un peu sinistre, insolent et un brin autoritaire qui finit toujours par trébucher et tomber dans la sciure à la façon de Tom Belling, le premier Auguste officiel. Apprécié par ses congénères et le public de nombreux cirques, dont Wulff, Beketov ou Bertram Mills, son jeu arrogant et dédaigneux inspirera indéniablement Lucien Goddart, Alf Daniels et d’autres « gommeux » ainsi que se présentaient Luigi et Paolo Fratellini dans leurs exercices d’acrobates et de « gommeux excentriques ». Le personnage de « Notaire » de Paolo Fratellini, lui fait particulièrement écho, avec sa redingote noire, son gilet blanc, son petit toupet et surtout, son légendaire monocle. En plus débonnaire. MM
 
[NdMM : Dans Les Clowns de Tristan Rémy la date de naissance d’Adolf Olchansky,1853, est erronée. Voir l’article de Helge Jorgensen dans le Cirque dans l’Univers n°50 de l’année 1963, qui marque le centenaire de sa naissance. ]