Honoré Daumier
- Voyez donc un peu, Isménie !... Comment le Gouvernement permet-il d'afficher de pareilles turpitudes !...
Planche n 40 de la série Les Bas-bleus et page de titre de l'album Les Bas-bleus.
1844. Lithographie, 1er état sur 2, avant la lettre. Épreuve sur blanc, avec légende autographe à la plume et à l'encre brune, appartenant au recueil Laran. 23 x 18,3 cm. Delteil 1260.
Le 2e état a été publié dans Le Charivari, le 7 août 1844.
BnF, Estampes et Photographie, Rés. Dc-180o-Pet. fol.
La légende et le contenu de l'affiche publicitaire dans l'image qui annonce la parution de la série en même temps qu'il donne le titre de l'album ont été vraisemblablement écrits par Daumier lui-même (les écrits de Daumier étant fort rares, certaines authentifications de son écriture laissent une petite marge de doute, ce qui est le cas ici).
Le recueil Laran doit son nom à Jean Laran, bibliothécaire au Cabinet des estampes, qui le fit acquérir en 1928. Il comporte 92 épreuves de cinq séries différentes : Les Bohémiens de Paris (19 planches sur les 28 publiées de septembre 1840 à avril 1842), Silhouettes (7 planches sur les 8 publiées fin 1840-début 1841), Monomanes (5 planches sur les 8 publiées en 1840-1841), Les Beaux Jours de la vie (35 planches sur la suite de 100 planches publiées de décembre 1843 à septembre 1846) et Les Bas-bleus (26 planches sur les 40 publiées en janvier-août 1844). Il s'agit d'épreuves du tout premier tirage avant la lettre, sur papier vélin, destinées au légendage. La présence d'annotations manuscrites, le plus souvent à la plume et à l'encre brune, au recto comme au verso des planches, toutes pliées, en huit, en quatre ou en deux pour leur envoi, suggère leur passage entre diverses mains. Elles circulaient entre la rédaction du journal qui indiquait numéro et titre de la série et les différents journalistes chargés d'inventer les légendes qu'ils reportaient, à l'encre, directement dans la marge inférieure ou sur un papier collé au bas de l'épreuve. Au verso, on lit les noms et adresses de personnes attachées à la rédaction du Charivari, tels que Goulet, adjoint au directeur, Biais ou Albert Cler, un collaborateur régulier de l'époque, auteur, en 1841, d'une Physiologie du musicien illustrée de vignettes par Daumier. D'autres spécialistes en la matière pouvaient être également sollicités, parmi lesquels Ernest Jaime dont le nom apparaît à plusieurs reprises. Après leur intervention, l'épreuve était retournée à l'imprimeur qui la confiait au calligraphe chargé de transcrire le texte sur la pierre.
 
 
 
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