Honoré Daumier
L'Amateur de café
- La demi-tasse devient aisément une seconde nature ; on trouve nombre de gens qui, comme l'amateur ci-dessus, se sont fait une règle immuable de prendre leur café, afin de faciliter la digestion, même lorsque leurs moyens ne leur permettent pas de dîner. Il est convenu que l'existence serait trop amère sans la chicorée
Planche n 8 de la série Les Monomanes.
1841. Lithographie, 1er état sur 3, avant la lettre. Épreuve sur blanc, avec légende manuscrite collée, appartenant au recueil Laran. 21 x 19,8 cm (au motif). Delteil 865.
Le 3e état a été publié dans Le Charivari, le 5 mars 1841.
BnF, Estampes et Photographie, Rés. Dc-180o-Pet. fol.
Ces épreuves de travail passaient dans de nombreuses mains et étaient manipulées sans beaucoup de soin par les légendeurs : les légendes ajoutées à la plume empiètent souvent sur le bas du motif lithographié, nombre d'épreuves ont été tachées d'encre, et certaines, comme L'Amateur de café de la série des Monomanes, ont été librement retouchées à la plume par un légendeur peu scrupuleux.
Le recueil Laran doit son nom à Jean Laran, bibliothécaire au Cabinet des estampes, qui le fit acquérir en 1928. Il comporte 92 épreuves de cinq séries différentes : Les Bohémiens de Paris (19 planches sur les 28 publiées de septembre 1840 à avril 1842), Silhouettes (7 planches sur les 8 publiées fin 1840-début 1841), Monomanes (5 planches sur les 8 publiées en 1840-1841), Les Beaux Jours de la vie (35 planches sur la suite de 100 planches publiées de décembre 1843 à septembre 1846) et Les Bas-bleus (26 planches sur les 40 publiées en janvier-août 1844). Il s'agit d'épreuves du tout premier tirage avant la lettre, sur papier vélin, destinées au légendage. La présence d'annotations manuscrites, le plus souvent à la plume et à l'encre brune, au recto comme au verso des planches, toutes pliées, en huit, en quatre ou en deux pour leur envoi, suggère leur passage entre diverses mains. Elles circulaient entre la rédaction du journal qui indiquait numéro et titre de la série et les différents journalistes chargés d'inventer les légendes qu'ils reportaient, à l'encre, directement dans la marge inférieure ou sur un papier collé au bas de l'épreuve. Au verso, on lit les noms et adresses de personnes attachées à la rédaction du Charivari, tels que Goulet, adjoint au directeur, Biais ou Albert Cler, un collaborateur régulier de l'époque, auteur, en 1841, d'une Physiologie du musicien illustrée de vignettes par Daumier. D'autres spécialistes en la matière pouvaient être également sollicités, parmi lesquels Ernest Jaime dont le nom apparaît à plusieurs reprises. Après leur intervention, l'épreuve était retournée à l'imprimeur qui la confiait au calligraphe chargé de transcrire le texte sur la pierre.
 
 
 
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