Des métiers soutenus par les guildes
Bruges, Gand, Tournai, Lille, Bruxelles… les grandes villes des Pays-Bas du Sud garantissaient un haut niveau de technicité nécessaire à la fabrication des produits de luxe grâce à la concentration de savoir-faire et à une politique de contrôle stricte. Ce contrôle était effectué par un système corporatif : les guildes (ou gildes).
Organisations de solidarité, les guildes protégeaient les intérêts communs d’un groupe, artisans ou commerçants. D'abord apparues dans l'Europe du Nord-Ouest, elles se sont propagées aux XV
e et XIV
e siècles dans l’ensemble de l'Europe avec le développement des liens commerciaux. Les guildes d'artisans, apparues au XII
e siècle, géraient la surveillance de la qualité des produits et assuraient la protection des marchés. Leur contrôle portait sur l’atelier du maître-artisan, mais aussi sur l’échange des compétences entre les ateliers collaborant à la fabrication d’un même produit.
Alors qu'en Italie à la même époque, les villes de Venise et de Gênes étaient en concurrence frontale, les villes du Nord ont constitué des unions commerciales – les Hanses – formées de plusieurs guildes urbaines, de plusieurs villes voisines ou visant le même marché. Elles se prémunissent ainsi des dangers du négoce en obtenant notamment l’appui d'autorités étrangères.
Au XIII
e siècle, la plupart des guildes ont disparu lorsque la croissance économique imposa de nouvelles structures d’entraide, plus spécifiques : les métiers. Les corps de métiers rassemblant des commerçants ou artisans d’un même métier. Pour la bourgeoisie, ce fut l’occasion de mettre en place un réseau de solidarité horizontale dans un monde ne fonctionnant que sur l’entraide verticale des rapports vassaliques.
Ces organisations professionnelles tentaient, avec l’aide des autorités citadines, de contrôler et protéger les artisans. Les membres furent assurés du monopole de leur activité et de l’exclusivité du marché de la ville en échange d’une réglementation de la fabrication, des horaires de travail et des salaires. Ces organismes, néanmoins, reposaient sur une stricte hiérarchie (maîtres, valets ou compagnons et apprentis) dont la plupart les responsables ne laissaient accéder à la maîtrise que les jeunes gens issus de familles de maîtres.