Miniatures Flamandes

L'art du livre

 

Âge d’or de l’enluminure flamande, le XVe siècle marque un tournant dans l’histoire du livre manuscrit. Le siècle de Bourgognes’inscrit dans les églises gothiques, les retables brabançons, la tapisserie, les splendeurs de la musique polyphonique ou la peinture des Primitifs flamands. Mais cette efflorescence artistique voit surtout l’essor sans précédent dans les anciens Pays-Bas méridionaux de l’art de l’enluminure, la peinture des livres. De l’avènement de Jean sans Peur (1404) à la mort de Marie de Bourgogne (1482), des villes opulentes comme Bruges, Gand, Audenarde, Bruxelles, Valenciennes, Lille ou Tournai s’imposent comme de véritables pépinières de copistes, de relieurs et de miniaturistes au centre d’une production écrite d’une qualité exceptionnelle.





Mécène engagé et bibliophile averti, Philippe le Bon, troisième héritier de Bourgogne de la maison de Valois, donnera une impulsion définitive aux arts du livre sous toutes ses formes. Pour satisfaire son goût du faste et justifier ses aspirations politiques, il se tournera vers les meilleurs miniaturistes. Son fils Charles le Téméraire qui, après avoir tout le jour labouré en ses affaires, appréciait volontiers que ses écuyers lui lisent romans et nouvelletez, poursuivra cette quête du Beau. Dans leur sillage, la famille ducale et les membres de l’ordre de la Toison d’or mais également la noblesse d’épée, les ecclésiastiques et la bourgeoisie urbaine passeront commande auprès d’enlumineurs de talent, comme Liévin Van Lathem, Simon Marmion, Willem Vrelant, Jehan Le Tavernier ou le Maître de Wavrin. Des noms aussi familiers à l’époque que Rogier Van der Weyden, Hans Memling ou le Maître de Flémalle. Autant d’artistes renommés qui s’attèleront sans relâche à l’illustration de chroniques, de chansons de geste, d’épopées chevaleresques, de traités de chasse ou de dévotion. Jamais auparavant, l’enluminure n’avait atteint de tels sommets.

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