L'empereur du Saint Empire romain germanique
Grand Armorial équestre de la Toison d'Or
Flandres, 1430-1461.
Papier, 167 ff. ; 29 x 21 cm
Bibliothèque nationale de France, Bibliothèque de l'Arsenal, Ms. 4790 Rés. f. 1
© Bibliothèque nationale de France
L'empereur du Saint Empire porte des armoiries d'or à l'aigle de sable, ici répétées huit fois. Il est coiffé d'une couronne d'or fermée, rehaussée de pierreries et cimée d'une aigle. Le cavalier, tourné vers la droite, brandit l'épée, les bras levés, enserrant la lame dans son gant de fer.
Fondé au Xe siècle, le Saint Empire romain germanique se veut l'héritier de l'Empire carolingien. Il s'étend sur de très vastes territoires qui comprennent presque toute l'Europe du Nord et l'Europe centrale, et jusqu'en Italie. Longtemps en lutte avec le pape, l'empereur romain germanique considérablement affaiblie son autorité au XIVe siècle.

Durant la première moitié du XVe siècle, cinq titulaires se succèdent sur le trône impérial : Robert de Bavière (1400-1410); Josse de Moravie (1410-1411) ; Sigismond de Luxembourg (1411-1437) ; Albert II d'Autriche (1438-1439) et Frédéric III d'Autriche (1440-1493). C'est sous l'empereur Sigismond que l'aigle bicéphale devient l'emblème de l'empereur, tandis que l'aigle monocéphale désigne le roi des Romains.

Le Saint Empire romain germanique est la désignation la plus courante, au cours des siècles, de l'Empire fondé par Otton Ier le Grand, le 2 février 962. En 1387, l’empereur Wenceslas le divise en quatre cercles : le premier comprend la Haute et la Basse-Saxe ; le second la Rhénanie ; le troisième l’Autriche, la Bavière et la Souabe ; le quatrième étant formé de la Franconie et de la Thuringe. Cette répartition subsiste jusqu’en 1438, année où Albert II procède à une répartition en six cercles sous l’autorité de l’Électeur de Brandebourg, de l’archevêque de Salzbourg, du comte de Wurtemberg, de l’évêque de Mayence, de l’Électeur de Cologne et de l’Électeur de Saxe.
Longtemps en lutte avec la papauté, la position de l'empereur romain germanique s'est, en fait, considérablement affaiblie au XIVe siècle. La rupture définitive avec Rome et le repli de l'Empire sur le royaume allemand restreignent la force politique de l'empereur face aux princes-l’Électeurs. Seuls Sigismond, élu roi des Romains en 1411 et empereur en 1433, et Frédéric III, dernier souverain allemand consacré à Rome, font preuve de qualités politiques suffisantes pour imposer leur autorité. Frédéric III d'Autriche assure, notamment, la suprématie des Habsbourg sur le trône ; Charles le Téméraire, le plus puissant duc d'Occident, tente vainement d'obtenir de lui un titre royal, destiné à concrétiser la réunion de ses possessions bourguignonnes et lotharingiennes.
 
 

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