Scènes de la vie de saint Jean l’Évangéliste
Apocalypse en moyen néerlandais
La miniature pré-eyckienne, Pays-Bas méridionaux, début du XVe siècle.
Parchemin, 23 + 2 (lettre d’indulgence ajoutée) f., environ 277 × 185 mm, 22 miniatures à pleine page
Paris, Bibliothèque nationale de France, Mss, néerl. 3, f. 1
© Bibliothèque nationale de France
Le livre religieux fait l'objet de manuscrits raffinés. Ce manuscrit, exécuté dans les Pays-Bas méridionaux vers 1400, est considéré comme l’apogée de la miniature de cette époque. Les visions de saint Jean dans le dernier livre du Nouveau Testament sont exposées en vingt-deux chapitres tous illustrés d’une peinture pleine page.
Ici sont représentés sur la même image, en guise d’introduction au texte, cinq épisodes de la vie de saint Jean l’Évangéliste suivant un dispositif complexe. Une grande église de style gothique, ceinte d’un muret, délimite le registre du haut. À sa porte, se massent les fidèles venus entendre le prêche de saint Jean juché sur une chaire. L’évangéliste est représenté en jeune homme imberbe à la chevelure blonde bouclée, la tête auréolée d’or et de feu, signe de sainteté. L’entrée du transept laisse voir les fonts baptismaux avec Drusiana baptisée par saint Jean, sous le regard de témoins qui se dissimulent.

À l’extérieur de l’enceinte, au pied des marches, l’évangéliste est arrêté et présenté au proconsul qui se tient à la porte de son palais. Puis saint Jean est conduit à Rome, dans une barque, par deux hommes. L’empereur romain Domitien, représenté en roi, l’attend devant une des portes de la ville. Il ordonne le martyre du saint, représenté au centre de la miniature. Les mains jointes en prière, l’évangéliste est assis dans une marmite d’huile bouillante, sous laquelle un bourreau active le feu en actionnant deux soufflets avec ses pieds, tandis qu’un autre l’alimente en bois.
Au moyen d’une palette de couleurs vigoureuse, avec une dominante de couleurs opaques bleues, rouges et vertes, des effets de ton-sur-ton, des rehauts blancs et d’or, cette miniature émet une lumière irréelle et dégage une atmosphère qui s’accorde parfaitement avec la thématique du texte. Peinte avec un sens remarquable du réalisme, la finition de l’église, dont la tourlanterne traverse le cadre, démontre le grand soin apporté aux détails. Les voûtes, les pinacles, les gables et les arcs-boutants ont été soigneusement rehaussés d’un trait de pinceau blanc d’une extrême finesse.

La manière dont cette miniature illustre, dans une même image, tous les événements significatifs du texte est remarquable. Circonscrite par un bord ondulant évoquant les nuées, elle offre une sélection de scènes pittoresques. Le travail de réflexion préparatoire, qui exigeait une vaste connaissance en matière d’exégèse, a probablement nécessité l’aide d’un théologien.
 
 

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