Lors de la Création du monde, Dieu crée les oiseaux et les poissons
Heures dites de Joseph Bonaparte
Les Maîtres aux rinceaux d’or, enlumineurs.
Paris, vers 1415. Parchemin, 180 × 130 mm
Paris, Bibliothèque nationale de France, Mss, lat. 10538, f. 274 vo
© Bibliothèque nationale de France
Les miniaturistes du groupe aux rinceaux d’or appartiennent à un courant stylistique qui devient dominant dans les anciens Pays-Bas méridionaux au cours du deuxième quart du XVe siècle. Les rinceaux filiformes et dorés qui sont l’élément le plus caractéristique de cette production tapissent les fonds colorés, le plus souvent pourpres mais parfois verts ou bleus, et transforment la surface en un dense réseau composé de ramages souples, de filigranes, de vrilles et de crochets. Dès les années 1420, les Maîtres aux rinceaux d'or forgent un art stéréotypé, conventionnel, tributaire de la circulation de modèles, de pratiques d’atelier et d’activités commerciales. Les livres d’heures et leurs cycles d’images répétitifs se prêtent à cette production de série qui s’exporte sans problème. Ils copient des modèles élaborés dans d’autres foyers artistiques, en particulier à Paris : les fonds en damier ou ornés de feuillages dorés et les tissus aux motifs alvéolés imitent ceux des ateliers parisiens avec tant de constance qu’ils constituent un trait essentiel et paradoxal de cet art. Les figures, d’une grande douceur, paraissent souvent mièvres. Les visages blêmes et les membres frêles tranchent avec la vivacité de couleur des drapés et des fonds saturés ou l’intensité d’un ciel bleu. Les têtes, de forme ovale ou en amande, à peine modelées, montrent un front dégagé, au-dessus du cou laissé nu. Les pupilles d’un noir intense y contrastent avec les autres traits, à peine esquissés, les mains aux doigts effilés, souvent trop grandes, se conformant au même graphisme mou.
C'est à cette meilleure veine qu'appartiennent les Heures dites de Joseph Bonaparte. La plus grande partie de leurs quelque soixante-dix miniatures a été réalisée à Paris vers 1415 par le Maître de la Mazarine et, une dizaine d’années plus tard, sans doute dans les années 1421 à 1430, douze miniatures dans le style des Maîtres aux rinceaux d’or sont venues compléter le volume, qui appartenait alors à Philippe le Bon : outre les représentations de saints dans les suffrages, l’artiste a peint, pour illustrer les offices de chaque jour de la semaine, un rare cycle de la Création aux fonds ornés de couleurs différentes où l’utilisation de l’or et de l’argent crée des effets chatoyants.
 
 

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