Les habitants d’Éphèse attendent la flotte d’Alexandre
L’armée d’Alexandre combat des géants
Jean Wauquelin, Histoire d’Alexandre
Le Maître de l’Alexandre de Wauquelin, enlumineur, Pays-Bas méridionaux, Bruges ? 1448.
Parchemin, IV + 229 f. + IV, environ 435 × 310 mm, 80 miniatures
Paris, Bibliothèque nationale de France, Mss, fr. 9342, f. 154 vo
© Bibliothèque nationale de France
Le Roman d’Alexandre dans sa version rimée est un des textes les plus célèbres du Moyen Âge. Il met en scène la vie légendaire d'Alexandre le Grand, dans une épopée extraordinaire qui mêle batailles, complots, amours et trahisons. De nombreux autres textes évoquent la figure d’Alexandre, tel ce manuscrit commandé par Philippe le Bon à Jean Wauquelin. Ce dernier dirige un atelier à Mons, en Hainaut, où il fait office de maître d'oeuvre, établissant les textes et encadrant les copistes. Son Roman compile de nombreuses sources et fait la part belle aux légendes et aux mythes. Philippe le Bon aimait à s'identifier au héros macédonien qu’il prenait pour exemple : un modèle à suivre, à égaler et à surpasser.

Le roman accorde une place importante aux récits légendaires, empreint d’un fantastique médiéval. L’enlumineur donne à voir un univers clivé, tantôt urbain, tantôt sauvage, au gré des conquêtes d’Alexandre. La ville incarne la civilisation, le campement de l’armée grecque ordonné autour de la tente d’Alexandre est en quelque sorte son prolongement. Ici le conquérant doit affronter des géants, hirsutes et barbus, vêtus de peaux de bêtes, qui surgissent d’une forêt et lancent d'énormes pierres.

La composition de la miniature est très ordonnée : à gauche, l’armée macédonienne au centre de laquelle Alexandre monte son cheval Bucéphale. Les archers sont placés aux ailes, la cavalerie en première ligne et à l’arrière les gens de pied. Les géants occupent la partie droite. Barbus et pourvus d’une épaisse chevelure noire, ils sont vêtus de pelisses marron sans manche, parfois rehaussées de touches dorées, qui s’arrêtent en haut de leurs cuisses. Ils lancent de grosses pierres qu’ils ramassent et tiennent dans leur tunique. L’arrière-plan présente un horizon obstrué par la ligne des arbres de la forêt d’où ils ont surgi.

Les géants sont des personnages traditionnels des chansons de geste et des romans médiévaux. Sauvages et dévastateurs, ils symbolisent le désordre qui s’oppose au monde de l’ordre que la chevalerie est en charge de faire respecter.
 
 

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