L’apôtre Pierre retirant le statère de la bouche du poisson
David Aubert présentant sa transcription à Philippe le Bon
Ci nous dit (Composition de la sainte Écriture)
Le Maître du Girart de Roussillon, enlumineur, Bruxelles, 1462.
Parchemin, 366 f., 415 × 292 mm, 1 miniature à pleine-page, 16 miniatures à mi-page
Bruxelles, KBR, ms. 9017, f. 38 vo
© Bibliothèque royale de Belgique
Écrit anonyme, cette instruction chrétienne en prose française comprend une longue série d’exempla, récits bibliques, légendes, miracles, etc., composés vers 1318. D’après la fin du prologue (f. 36) et le colophon de la table des matières (f. 39), le manuscrit a été copié en 1462 à Bruxelles par David Aubert pour le compte de Philippe le Bon. Quinze des dix-sept miniatures du manuscrit sont entièrement en grisaille. Dans le célèbre frontispice (f. 38 vo), David Aubert présente sa transcription au duc en présence de ses courtisans. Dans la « fondation », sous la salle occupée par le trône du duc, deux anges portent les armoiries ducales ceintes du collier de l’ordre de la Toison d’or. À l’exception de celle qui se trouve au f. 174 vo, les miniatures montrent des arbres aux feuilles particulières, qui forment des arcs concentriques, et des plantes ressemblant à des marguerites, qui parsèment le premier plan. Une végétation semblable et des nuages aux formes comparables apparaissent à la fois dans les Livres du roy Modus et de la royne Ratio de Bruxelles (KBR, ms. 10218-19) et dans les paysages du Maître du Girart de Roussillon des Chroniques de Jérusalem abrégées (Vienne, ÖNB, ms. 2533). Bien qu’inférieure à celle des Chroniques de Vienne, la qualité d’exécution du Ci nous dit est résolument supérieure à celle du Roy Modus. D’autre part, comme dans l’Instruction d’un jeune prince (Bruxelles, KBR, ms. 10976), il n’y a qu’une poignée de personnages nonchalants et qui louchent dans le Ci nous dit, la plupart d’entre eux dans la dernière miniature (f. 341 vo). On pourrait donc classer les illustrations du Ci nous dit parmi les plus belles réalisations produites dans le style du Maître du Girart de Roussillon.
Dans une des seize enluminures du Maître du Girart de Roussillon, la grisaille est parsemée de lavande pâle et le ciel peint en bleu (f. 303). La scène du folio 174 vo affecte une couleur bleu verdâtre et, plus important, semble relever d’une autre main. Plus que par des coups de pinceaux, les physionomies et les draperies sont rendues par des lignes. Par ailleurs, les vaguelettes stylisées à la surface de l’eau derrière les personnages ne se retrouvent dans aucune autre enluminure du Ci nous dit. Enfin, trois des apôtres placés derrière Jésus invitent à la comparaison avec plusieurs personnages d’une copie en français des Stratagèmes de Frontin attribuée à Jean Hennecart et conservée à La Haye (KB, ms. 73 J 22, f. 93). Il n’est pas impossible que les grisailles partiellement colorées des folios 303 et 174 vo du Ci nous dit de Bruxelles aient été ajoutées ultérieurement.
 
 

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