L'Annonciation
La Vierge emportant l'âme du mendiant charitable
Jean Miélot dans son scriptorium
Jean Miélot, Miracles de Notre-Dame
Jean Le Tavernier, enlumineur.
Parchemin, II + III (table) + 153 + 1 f., environ 390 × 290 mm, 59 miniatures
Provenance : Philippe le Bon
Paris, Bibliothèque nationale de France, Mss, fr. 9198, f. 19
© Bibliothèque nationale de France
Au XVe siècle, les métiers du livre sont sécularisés et connaissent un remarquable épanouissement grâce au mécénat princier. Jean Miélot est l'archétype du clerc lettré, polygraphe, proche du prince, rémunéré pour produire des textes à l’attention de son maître, certains destinés à faire l’objet de copies luxueuses. Son rôle est voisin de celui d’un éditeur.

Traducteur, compilateur et copiste au service de Philippe le Bon, Jean Miélot travaille à Lille, dans la collégiale Saint-Pierre, où le duc l'a nommé chanoine. Le voici à l’oeuvre dans son cabinet de travail, en ouverture d'un manuscrit monumental consacré à la vie de la Vierge et à ses miracles.

La peinture, due à Jean Le Tavernier, est remarquable par le souci du détail. Elle nous fait véritablement entrer dans l'atelier du copiste : Miélot est assis à son pupitre, en habit de chanoine. Il est représenté moins en scribe qu’en compilateur, entouré de manuscrits et de textes inscrits sur des rouleaux, autant de sources anciennes dont il s’inspire. Le manuscrit qui lui sert de modèle est ouvert sur un lutrin haut et retenu par un poids accroché à une ficelle. Des fioles, des cornes et divers pots contiennent les encres utilisées par Miélot, qui s’applique à écrire sur un grand parchemin encore enroulé dans sa partie inférieure et déployé sur un pupitre amovible. La main droite tient un calame, l’autre un couteau qui lui sert à tailler son instrument d’écriture ainsi qu'à gratter les erreurs pour ensuite réécrire dessus, grand avantage du parchemin.
Le clerc travaille à main levée, écrit non pas sur les lignes de la réglure, mais entre celles-ci, selon l’habitude des copistes du Moyen Âge. La mise en page est conforme au canon bourguignon : grand format, écriture de grand calibre, marges importantes. Contre le mur, un large meuble sert de présentoir et d’espace de rangement. Le tiroir ouvert dans la partie supérieure recèle plusieurs objets rangés négligemment, parmi lesquels des bésicles, accessoire obligé du clerc vieillissant, en particulier s’il s’occupe d’écriture.

Le peintre s'est appliqué à rendre le mobilier ajouré, avec des détails tels que le repose-pied de la table de travail qui assure un certain confort au scribe, ou encore les reliures de cuir au décor estampé en croix de Saint-André, avec boulons, lanières ou fermoirs, très caractéristiques de la production lilloise dans la seconde moitié du XVe siècle.
 
 

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