Prière de sainte Catherine avant son martyre
Jean Miélot remettant son oeuvre à Philippe le Bon
Vie de sainte Catherine
Willem Vrelant, enlumineur, Bruges, vers 1457.
Parchemin, 110 f., 370 × 250 mm, 60 miniatures
Provenance : Philippe le Bon
Paris, Bibliothèque nationale de France, Mss, fr. 6449, f. 5
© Bibliothèque nationale de France
Cette version française de la vie de sainte Catherine d’Alexandrie a été écrite par Jean Miélot, pour Philippe le Bon, duc de Bourgogne, comme indiqué à la fin du texte (f. 110 vo). Le texte est achevé en 1457. Durant sa carrière au service du duc de Bourgogne, Jean Miélot a traduit et remanié nombre d’ouvrages religieux ou profanes, à commencer par le Speculum humanae salvationis de Ludolphe de Saxe en 1449. Outre la vie de sainte Catherine d’Alexandrie, il écrivit également d’autres vies de saints pour Philippe le Bon, celles de saint Josse (en 1449), de sainte Aldegonde ou de saint Fursy (en 1468-1469). Dans sa Vie de sainte Catherine, Miélot fait office de compilateur, en rassemblant diverses traditions sur la sainte qui avaient cours au Moyen Âge.
Destiné au duc de Bourgogne, comme la rédaction du texte, le manuscrit de Paris (BNF, Mss, fr. 6449) a sans doute été illustré peu après l’achèvement de la compilation en 1457. Il apparaît dans l’inventaire de la librairie ducale réalisé peu après le décès de Philippe le Bon en 1467. Il est mentionné comme étant « garny de pluiseurs belles histoires de noir et de blanc ». Les miniatures, au nombre de soixante, ont donc été peintes selon la technique de la grisaille. La plupart sont dues à Willem Vrelant. Cependant, cinq miniatures (f. 31 vo, 34 vo, 47, 56, 57) semblent relever d’un autre miniaturiste : le Maître de la Vraie Cronicque descoce. Cet artiste anonyme collabora étroitement avec Vrelant dans le deuxième volume des Chroniques de Hainaut (Bruxelles, KBR, ms. 9243) en peignant notamment les personnages secondaires dans de nombreuses miniatures.
La miniature frontispice du texte au f. 5 représente Jean Miélot agenouillé devant Philippe le Bon et lui offrant sa traduction en présence de courtisans dont la plupart portent le collier de la Toison d’or. La scène se déroule dans un bâtiment ouvert par un arc en plein cintre surmonté des armoiries de Bourgogne, soutenues par deux lions. Cette illustration démontre la grande maîtrise de Vrelant dans la réalisation des grisailles. Il s’agit en réalité de demi-grisailles car certains éléments du décor ainsi que les ciels sont colorés. Les ciels d’un beau bleu vif sont parsemés de petits nuages noirâtres, réalisés à base d’argent qui s’est oxydé. À l’origine, ces ciels devaient représenter une certaine richesse. Les nuages argentés formaient un beau contraste avec les multiples éléments dorés parsemant la miniature. Le trône du duc est orné d’un dais de tissu de brocart d’or de belle qualité. De nombreux autres détails sont dorés, comme les colliers de la Toison d’or du duc et de ses courtisans ou les oriflammes. Comme dans la plupart de ses grisailles, Vrelant se sert avec maîtrise d’une couche de base de couleur beige, couvrant le parchemin. Il délimite les formes au moyen de lignes noires et modèle ses surfaces au moyen de très fines hachures blanches dans les hautes lumières et de divers tons de gris dans les parties ombrées.
Une trace de la reliure originale, aujourd’hui disparue, subsiste sur le premier feuillet de garde en parchemin, sous forme d’une note indiquant que cette reliure fut réalisée par Liévin Stuvaert dans la ville de Gand.
Seules deux copies de ce texte ont été enluminées. Un second exemplaire (Paris, BNF, acquisition en cours), réalisé pour Marguerite d’York, l’épouse de Charles le Téméraire, a été transcrit par David Aubert et illustré de treize miniatures par Simon Marmion vers 1475.
 
 

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