Assassinat d’Iasion
Raoul Levèvre, Recueil des histoires de Troie
Le Maître du Hiéron, enlumineur.
Paris, Bibliothèque nationale de France, Mss, fr. 59, f. 12 vo
© Bibliothèque nationale de France
Enlumineur poussif et sans grand talent, le Maître du Hiéron doit surtout, et presque exclusivement, sa place dans le concert des artistes reconnus de la miniature flamande aux textes qu’il a illustrés ; des écrits importants mais peu diffusés, ignorés par les autres miniaturistes. Les manuscrits qui lui sont attribués, parfois de façon contestable d’ailleurs, se réduisent à une portion congrue, à peine une petite dizaine. Appliqué mais quelque peu laborieux et dénué d’imagination, le Maître du Hiéron utilise des personnages allongés, mal proportionnés, qu’il coiffe de couvre-chefs un peu ridicules en forme de pain de sucre ou qui tombent sur les yeux de ses personnages. Dénués de la moindre perspective, ses architectures et ses paysages, souvent mal adaptés et dessinés à la hâte, ne plaident pas non plus en sa faveur. Certains commentateurs plus indulgents voient en lui un imitateur ou un suiveur de Loyset Liédet avec qui il partagerait un certain goût pour les couleurs vives. On peut l’admettre même si le Maître du Hiéron ne reproduit en rien la verve narrative et les compositions, certes parfois maladroites mais animées, de son contemporain. Dans un premier temps, Léon Delaissé, en général mieux inspiré, a donné à cet artiste le nom de Maître de la Cyropédie, un choix étonnant dans la mesure où ce miniaturiste n’a jamais illustré un exemplaire de ce texte. On situe en général son activité à Bruges, sans qu’aucune preuve n’ait jamais corroboré cette hypothèse.
 
 

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