Jason assailli par Butorus
Préparatifs de Médée pour rajeunir Éson.
Médée tuant le fils de Jason.
Raoul Lefèvre, Histoire de Jason
Liévin Van Lathem, enlumineur, Anvers, vers 1470.
Parchemin, 163 f., 388 × 273 mm, 18 miniatures à mi-page
Provenance : Louis de Gruuthuse
Paris, Bibliothèque nationale de France, Mss, fr. 331, f. 139 vo
© Bibliothèque nationale de France
L’histoire de Jason et des Argonautes est présente à la cour de Bourgogne bien avant l’institution de l’ordre de la Toison d’or. Dès 1393, Philippe le Hardi fait l’acquisition d’une tapisserie en deux pièces racontant les aventures de Jason et des Argonautes. Celles-ci constituent le début obligé de la plupart des versions de l’Histoire de Troie, chronique universelle et texte vedette de la production littéraire des années 1400.

La fondation de l’Ordre de la Toison d’or par Philippe le Bon en 1430, incitant ses chevaliers à imiter l’exemple du héros grec Jason, va insuffler un renouveau au roman antique et mettre l’épopée des Argonautes à la mode bourguignonne : ainsi l’Histoire de Jason, écrite par Raoul Lefèvre aux environs de 1460, et dédiée au duc Philippe le Bon. Le manuscrit que voici a été copié dix ans plus tard pour le bibliophile Louis de Bruges, lui-même élevé chevalier de la Toison d’Or en 1461. Les peintures sont dues à Lieven Van Lathem, un enlumineur très important à l’époque, qui livre ici une de ces réalisations les plus originales.

L’histoire rappelle la légende grecque de Jason et des Argonautes, qui naviguèrent en mer Noire vers la Colchide pour s’emparer de la Toison d’or. La fille du roi de Colchide, l’ensorceleuse Médée, amoureuse de Jason, l’aida dans son entreprise. Dans la miniature, elle surprend Jason, célébrant ses noces avec Créüse, princesse de Corinthe. Médée, bafouée, survient comme une furie, montée sur des dragons crachant des flammes, et tue à la fois Créüse et le fils de Jason.

Van Lathem se complait dans l’évocation de cette scène dramatique mêlée de fantastique, dont les dragons colorés sont des acteurs singuliers. Cependant, en dépit de l’attitude horrifiée des hôtes du banquet confrontés à l’apparition soudaine et incongrue de Médée, Van Lathem la dépeint plus en proie à une joie hystérique que menaçante.
 
 

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