Chapitre de l’ordre de la Toison d’or présidé par Charles le Téméraire.
Guillaume Fillastre, Histoire de la Toison d’or
Le Maître aux inscriptions blanches, enlumineur, Bruges, entre 1475 et 1485.
Parchemin, 302 f., environ 445 × 320 mm, 2 miniatures
Provenance : Louis de Gruuthuse
Paris, Bibliothèque nationale de France, Mss, fr. 139, f. 4
© Bibliothèque nationale de France
C’est à l’occasion de son mariage avec la princesse Isabelle de Portugal que Philippe le Bon fonde à Bruges, le 10 janvier 1430, l'Ordre de la Toison d'or. Prônant l’esprit chevaleresque et la défense de la religion chrétienne, l'Ordre de la Toison d'or répond avant tout à des motivations politiques : le duc cherche à s'attacher les seigneurs de ses nombreuses possessions, en restaurant à travers son ordre les valeurs de fidélité, de service et d'honneur. Le luxe affiché lors de la tenue des chapitres et la mise en place d’un cérémonial de cour assurent aux membres et notamment au duc de Bourgogne un prestige international qui lui permet de renforcer le lien dynastique entre ses divers états et d'asseoir sa domination sur ses terres mais aussi d’affirmer une forme d’indépendance vis-à-vis du roi de France et de l'Empereur du Saint Empire romain germanique.

L'ordre devient rapidement célèbre grâce à la personnalité de Philippe le Bon et par le caractère pleinement européen de ses membres, le nombre limité d'élus et le symbole même de la Toison d'or qui, dans le contexte des Croisades, évoque à fois le feu, la quête et l’Orient.
Le collier de la Toison d’or a longtemps été conféré avec parcimonie, à vingt quatre puis trente membres seulement.
L'ordre fonctionne comme une confrérie : les chevaliers se réunissent une fois par an pour prier la Vierge et le saint-patron de l’ordre, saint André, et célébrer une messe solennelle dédiée aux chevaliers morts depuis le dernier chapitre. Le cérémonial se déploie sur plusieurs jours.

Les voici réunis à l’église Notre-Dame de Bruges, en 1468, sous la présidence de Charles le Téméraire, le fils de Philippe le Bon. La scène ressemble à un concile religieux : les chevaliers, tous habillés d’une même cape rouge, sont assis dans des stalles comme des chanoines. C’est l’évêque de Tournai, Guillaume Fillastre, second chancelier de l’ordre et auteur de l’Histoire de la Toison d’or, qui s’adresse aux chevaliers. Il lit un sermon dans lequel il insiste sur un des buts principaux de l’ordre : contribuer à inspirer à la noblesse une foi plus vive.

La quête de Jason et des Argonautes pouvait, en première instance, servir de modèle à une communauté de chevaliers. Jason, connu pour avoir abandonné sa femme Médée, s'imposait toutefois difficilement comme modèle de fidélité. D'où la recherche d'autres évocations du thème de la toison dans la Bible cette fois.
Ainsi l'ordre de la Toison d'or associe-t-il d'autres toisons aux vertus essentielles de la noblesse : Jason pour la Magnanimité, Jacob pour la Justice, Gédéon pour la Prudence, Mesa pour la Fidélité, Job pour la Patience et David pour la Clémence.
 
 

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