L’auteur fait don de son œuvre à Philippe le Bon
Combat entre Maugis et l'enchanteur
Vivien envoie un enchanteur noir auprès de Maugis
Scène de bataille contre les infidèles
Renaut de Montauban
David Aubert, copiste. Loyset Liédet, enlumineur, Bruges, 1462-1470.
Provenance : Philippe le Bon.
Parchemin, 395 f. 375 x 265 mm. Reliure maroquin bleu aux armes du comte d'Argenson
Paris, Bibliothèque nationale de France, Arsenal, Ms. 5072 Rés., f. 349v
© Bibliothèque nationale de France
La chute de Constantinople en 1453 réactive les projets de croisade contre les Turcs caressés de longue date par Philippe le Bon. En 1454, lors du banquet du Faisan, le duc et ses plus proches courtisans font le voeu solennel de participer à l’expédition. Finalement, l'engagement ne sera pas tenu, mais le Duc encourage une production littéraire en rapport avec l'Orient : copistes, traducteurs et écrivains se mettent à l’oeuvre, et proposent une vision romancée, fantasmée, de la lutte contre les infidèles, qui ravive l’idéal chevaleresque d’une société féodale finissante.

C'est ainsi que David Aubert, éditeur pour Philippe le Bon, reprend l'histoire de Renaut de Montauban et des quatre fils Aymon, remaniant en prose d'anciennes chansons de geste épiques du cycle de Charlemagne et de ses barons. Ce roman fleuve en cinq volumes fait place aux premiers exploits de Roland, émule en chevalerie de Renaut, le héros, et présente l'empereur Charlemagne, comme une figure autoritaire et négative qui ne tient pas parole. Pour expier ses fautes passées, Renaut quitte les siens pour un pèlerinage à Jérusalem qu'il contribue à délivrer des infidèles. L'idée de croisade et l'esprit chevaleresque se conjuguent dans un fantastique médiéval où interviennent l'enchanteur Maugis et Bayard, un cheval doté de pouvoirs magiques.

Le manuscrit a été enluminé dans l'atelier de Loyset Liédet à Bruges. Dans ses représentations les infidèles portent des costumes bigarrés aux couleurs crues, des coiffes pointues ou des turbans. Ici l'armée croisée met en fuite les musulmans. Maugis, au premier plan, chevauche Bayard et foule aux pieds ses adversaires. En évidence, tombée à terre, l'enseigne supposée figurer Mahomet. Il n’est pas rare que les champions païens parce qu’ils sont plus grands et en apparence plus forts, retiennent l’attention du peintre, davantage que les héros chrétiens aux physionomies quelconques. Ces images témoignent vis-à-vis de l’Orient d’un sentiment ambivalent. Pour le peintre, il est l’occasion de motifs pittoresques et nourrit son imaginaire.
 
 

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